TORONTO – Le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, se montre en faveur d'une interdiction des armes de poing pour lutter contre la violence et les gangs de rues.
«Je crois que ça fait partie de la solution», a dit M. McGuinty durant un point de presse, vendredi après-midi, après avoir rencontré les leaders communautaires de l'arrondissement de Scarborough, à Toronto. Ils avaient discuté ensemble des mesures à prendre pour éviter que d'autres fusillades comme celle de lundi soir qui a fait deux morts et 23 blessés ne se reproduisent.
«Si vous cherchez des solutions rapides et magiques, vous ne les trouverez pas, a ajouté M. McGuinty. L'interdiction des armes de poing est un élément important de la solution. Ça lance le bon message que, en tant que société, nous voulons établir une limite et que nous développons ici au Canada une culture différente qu'ailleurs dans le monde, incluant nos voisins au sud de la frontière.»
Un expert américain sur le contrôle des armes à feu, John Lott, doute des chances de succès d'une telle interdiction.
«Si les criminels sont capables d'importer de la drogue, ils sont capables d'importer des armes illégales pour protéger leurs drogues», a résumé M. Lott, sur les ondes de Sun News.
L'ajout de policiers, un financement stable aux organismes communautaires, des occasions d'emplois d'été et à temps partiel à longueur d'année figurent aussi parmi les autres pistes de solutions dont a fait part le premier ministre McGuinty.
Une importante réunion sur le sujet aura d'ailleurs lieu lundi dans la Ville Reine entre M. McGuinty, le chef de police de Toronto, Bill Blair, et le maire de Toronto, Rob Ford. Un représentant du gouvernement fédéral pourrait aussi être présent.
De son côté, le maire Ford cherche à savoir si la loi sur l'immigration lui permet d'expulser de sa ville un individu intercepté en possession d'une arme à feu.
Mais M. Ford n'a pu expliquer sur les ondes de la station de radio NewsTalk 1010, jeudi soir, quelle serait l'autorité de la loi si une personne native du Canada est reconnue coupable d'un crime commis à l'aide d'une arme à feu.
«Peu importe de qui il s'agit, que ce soit une personne native du Canada, un immigrant ou d'un réfugié, a-t-il tranché. Si vous êtes reconnu coupable d'un crime à l'aide d'une arme à feu, je ne veux pas que vous habitiez dans cette ville.»