QUÉBEC - On était loin des foules survoltées d'autrefois sur les plaines d'Abraham, samedi soir, alors qu'on a fêté un Québec encore sous le choc du printemps érable lors du grand spectacle de la Fête nationale.
Quelques milliers de personnes étaient rassemblées sur les plaines en soirée, une foule qui n'avait pas l'ampleur de celles qui ont fait la renommée de la Saint-Jean à Québec et qui ont déjà incité les organisateurs à l'évaluer à plus de 250 000 personnes.
La faute aux manifestations qui avaient cours en haute ville à Québec? Aux mesures de sécurité imposées par la ville de Québec, qui interdit l'alcool depuis 2011 à l'intérieur d'un périmètre de sécurité englobant le site des plaines?
«Je ne suis pas capable de l'expliquer. L'année passée, il y avait eu moins de monde à cause de la pluie. Peut-être que les manifestations, ça créé de l'incertitude pour certaines personnes», a dit le président du Mouvement national des Québécois, Gilles Grondin, qui espérait voir affluer les gens pour la prestation de Loco Locass, présentée après le spectacle télévisé.
La crise évoquée
La crise étudiante a été évoquée d'entrée de jeu par l'animateur Gildor Roy, qui a rappelé que la Saint-Jean est la fête de tous les Québécois.
«On a eu un gros printemps, on s'est chicanés, on a marché dans les rues, tapé sur nos casseroles. Il y a eu des confrontations entre la gauche et la droite et c'est ben correct», a-t-il dit, avant d'en appeler à la fraternité des Québécois.

Si tous les carrés étaient les bienvenus sur les plaines, comme l'ont mentionné maintes fois les organisateurs, sur scène, Paul Piché et Loco Locass arboraient le carré rouge.
Dans la foule, on a aussi vu plusieurs carrés rouges, mais aucune casserole, un objet interdit sur le site.
Piché en vedette
Lancé par une interprétation collective de Mon Joe , le spectacle mettait en vedette Dumas, Marie-Mai, Loco Locass, Raffy, Marie-Pierre Arthur, Lisa LeBlanc, Paul Piché et Andrée Watters. L'oeuvre de Paul Piché, qui a lu le texte patriotique, a été célébrée et on a rendu hommage à Sylvain Lelièvre, décédé il y a dix ans.
Les artistes présents ont aussi interprété des extraits de pièces des grands noms du country québécois, de Renée Martel à Willie Lamothe.

À l'exception de Pauline Marois et la députée péquiste Agnès Maltais, aucun élu n'a assisté au spectacle. Personne du parti Libéral n'a été aperçu.
«Je crois que le chef de l'État aurait dû y être ou, à tout le moins, quelqu'un qui le représente. C'est quand même la fête de tous les Québécois et toutes les Québécoises. Je crois que c'est important que les élus qui représentent la population soient là à l'occasion de la Fête nationale», a dit Mme Marois.