Karine Guillet
Agence QMI

Les libéraux de nouveau éclaboussés

UPAC - Les libéraux de nouveau éclaboussés

Jean CharestPhoto Agence QMI / Archives


Karine Guillet

Dernière mise à jour: 21-06-2012 | 21h24

SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU – L'arrestation de Gaétan Paradis à Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie, jeudi matin, continue d'embarrasser le Parti libéral du Québec.

L'homme d'affaires est bien connu du parti ; il aurait même contribué à son financement.

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Dans un article de l'hebdomadaire Le Canada Français, daté du 18 juin 2003, on mentionne que le premier ministre Jean Charest s'était rendu deux jours plus tôt à la résidence de Gaétan Paradis, le président de Construction GCP, pour une soirée privée de financement.

«Le premier ministre n'a pas l'habitude de participer à des soirées de financement, mais il a fait exception lundi, remplissant une promesse qu'il avait faite il y a deux ans à Gaétan Paradis, alors qu'il était chef de l'opposition», écrivait le journaliste Marc-Olivier Trépanier.

Cité dans l'article, M. Paradis soulignait que c'était la deuxième fois que Jean Charest se rendait à sa résidence pour participer à une telle activité de financement.

Le premier ministre a tenu à défendre sa présence à cette soirée de financement, jeudi.

«Nous, notre financement on le fait en fonction des règles. Si des gens ont fait des dons et ont agi autrement qu'en respectant les lois, ils doivent en être imputables. La preuve que nous y croyons c'est que l'UPAC existe et l'UPAC fait sa job. Personne n'a le monopole de la vertu. Ce n'est pas une excuse mais quand nous, on a des coches mal taillées, on les corrige», a-t-il déclaré depuis le Brésil où il séjourne pour le Sommet Rio 20.

Gaétan Paradis, âgé de 65 ans, a été accusé jeudi de deux chefs de collusion, soit d'avoir fait des offres ou des soumissions qui sont le fruit d'un accord ou d'un arrangement, «sans que cet accord ou cet arrangement ait été porté à la connaissance de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu».

Réactions politiques

Le maire de Saint-Jean-sur-Richelieu, Gilles Dolbec, connait bien Gaétan Paradis.

«Je le connais bien parce que c'est un de mes chums de longue date. Je ne comprends pas ce qu'il fait dans cette histoire», a confié le maire.

De son côté, Claude Bachand, député du Bloc Québecois dans la circonscription de Saint-Jean de 1993 à 2011, n'est pas surpris d'apprendre la nouvelle. Il soutient que d'autres hommes d'affaires de Saint-Jean auraient reçu le premier ministre.

«M. Paradis est un grand leveur de fonds du parti libéral, explique-t-il. Tout le monde sait que le financement du PLQ ne se faisait que par une seule gang à Saint-Jean. Ce n'est pas un secret, mais personne n'en parlait.»

De son côté, Stéphane Billette, député libéral d'Huntingdon, circonscription voisine de Saint-Jean, a mentionné qu'il ne connaissait pas la nature des liens qui unissaient M. Paradis à son parti.

«Tout le monde a des liens, a-t-il expliqué. Nous ne pouvons pas juger tout le monde qui se présente à nos activités de financement. Ces gens-là ne disent pas haut et fort ce qu'ils font. Mais ce que cette frappe démontre, c'est que personne n'est à l'abri.»

Le député péquiste de Saint-Jean, Dave Turcotte, n'était pas surpris non plus d'apprendre que le Parti Libéral était lié à un des accusés.

«C'est sûr qu'en faisant des soirées de financement privées, ça pose problème, dit-il. C'est une pratique questionnable.»

Plusieurs organisateurs politiques dans la mire de l'UPAC

En avril dernier, Louis-Georges Boudreault, qu'on décrivait comme étant «le spécialiste des élections partielles» du Parti libéral du Québec, avait été arrêté par l'escouade Marteau et accusé d'abus de confiance, dans la foulée du démantèlement d'un réseau de partage de contrats municipaux sur la couronne nord de Montréal.

Un autre organisateur politique, Bernard Trépanier, alias «Monsieur 3 %», a été arrêté le mois dernier. Celui qui était anciennement responsable des finances du parti du maire Gérald Tremblay a été accusé de fraude et d'abus de confiance.

Avec la collaboration de Judith Plamondon, Jean-Luc Lavallée et Francis Dugas



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