QUÉBEC – Le premier ministre Jean Charest déplore le manque de jugement des manifestants, qui ont tenté de perturber le cocktail d'ouverture du Grand Prix au profit des fondations des hôpitaux Sainte-Justine et Sacré-Cœur.
«Franchement, j'ai pas trouvé que c'était très fort», a laissé tomber le premier ministre, vendredi matin, ajoutant qu'il avait «hâte d'entendre les justifications» expliquant une manifestation contre une cause si noble.
Selon lui, la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC) qui avait lancé l'appel pour cette manifestation, jeudi, mène un combat qui transcende la simple opposition à son gouvernement.
«Ce n'est plus une attaque contre le gouvernement, ça, c'est du monde qui s'attaque aux Québécois, qui pose des gestes qui ne se justifient d'aucune façon», a-t-il résumé.
Alors que le Grand Prix du Canada, les FrancoFolies et les autres festivals à Montréal risquent de souffrir des manifestations répétées, le premier ministre a cherché à se faire rassurant.
«On va continuer ensemble à tout faire pour que les manifestations se fassent correctement et dans l'ordre, c'est que les Québécois veulent», a dit M. Charest.
Craintes
Le ministre des Finances, Raymond Bachand, a pour sa part soutenu que les images des manifestations télédiffusées à travers le monde ont un impact sur la saison touristique estivale de la métropole, qu'il sera difficile à contrer.
«Quand, pendant un mois d'affilé, il y a à la télé américaine et européenne des images de vitrines fracassées, de violence et d'incendie, qui tournent en boucle, c'est clair que ça fait peur, alors les ventes de nuitées ont baissé et les ventes de billets ont baissé», a-t-il indiqué.
Selon lui, non seulement les touristes étrangers sont moins enclins à venir visiter le Québec, mais même les résidants des banlieues évitent le centre-ville de Montréal.
M. Bachand croit qu'il est possible de rassurer les gens des couronnes nord et sud afin qu'ils reprennent l'habitude de fréquenter Montréal, mais il ne juge pas pertinent de lancer une campagne spéciale pour courtiser les étrangers.
«On va travailler avec l'industrie du tourisme une fois que les choses seront calmées, mais ça ne sert rien de faire ça s'il y a des images encore comme hier soir», a déclaré le ministre des Finances, qui déplore cet impact négatif.
«Pour les étrangers, même les Canadiens anglais, c'est plus complexe et plus long à rebâtir. Vous savez, ça prend 10 ans à bâtir une réputation, et ça prend une semaine à la détruire», a-t-il conclu.