Aucune n'est liée à la loi spéciale jusqu'à présent

MONTRÉAL - Après près d'un mois de manifestations nocturnes, Montréal a connu une de ses soirées les plus tendues, dimanche soir, alors que la 27e marche s'est conclue par plus de 300 arrestations.

Environ 400 personnes ont pris part à la manifestation, dimanche soir. Certains n'étaient pas de Montréal, comme Christian et Jacques, de Chicoutimi : «on a roulé 450 km pour être ici, en guise de solidarité avec les manifestants».

Au total, les forces policières ont procédé à 35 arrestations isolées. Les autres personnes ont fait l'objet d'arrestations massives. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) confirme toutefois que, jusqu'à présent, aucune arrestation effectuée n'est en lien direct avec la loi 78 ou le règlement qui interdit le port du masque.

Les manifestants n'avaient pas fourni leur itinéraire, dimanche, malgré l'obligation qu'ils ont désormais de le faire. D'ailleurs, peu de temps après sa mise en mouvement, la manifestation a été déclarée illégale.

De simples passants arrêtés

Les opérations des policiers ont été critiquées puisque certains marcheurs qui n'avaient rien à voir avec la manifestation se sont retrouvés parmi les personnes arrêtées, se trouvant simplement au mauvais endroit, au mauvais moment.

«On ne peut pas demander aux policiers de faire la distinction entre la personne qui lance une roche ou un cocktail Molotov, comme on a vu ce week-end, et la personne qui se dit pacifique», s'est justifié le porte-parole du SPVM.

M. Lafrenière insiste sur l'importance de quitter les lieux lorsque les forces de l'ordre avertissent que la manifestation est devenue illégale.

«Je comprends que c'est extrêmement frustrant, les gens viennent avec de bonnes intentions. [...] Mais, contrairement à nous, policiers qui portons un insigne, ce n'est pas indiqué parmi les manifestants lesquels sont les bonnes personnes et qui sont les gens criminalisés», a poursuivi le commandant.

Le porte-parole du SPVM, Ian Lafrenière, a indiqué à QMI que près de 2000 personnes ont été arrêtées durant les 250 manifestations ayant eu lieu depuis le début de la grève étudiante, il y a 99 jours.

Le ministre de la Sécurité du Québec, Robert Dutil, a affirmé lundi matin que les policiers de Montréal sont débordés.

Une nouvelle manifestation nocturne, la 28e de file, est prévue lundi soir.

Lundi également, la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) devait tenir un point de presse à 15h30 sur le plan d'action qu'elle entend déployer pour réagir à l'adoption de la loi 78.


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