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Conflit étudiant

Le projet de loi spéciale est une déclaration de guerre

Agence QMI 
Rémi Nadeau
17/05/2012 17h02 - Mise à jour 17/05/2012 23h25
 
 
Conflit étudiant - Le projet de loi spéciale est une déclaration de guerre
Leo Bureau-Blouin. 
© Jean-François Desgagnes / Agence QMI

QUÉBEC - La loi spéciale constitue une «déclaration de guerre», selon les fédérations étudiantes, qui écartent maintenant toute possibilité de rouvrir le dialogue avec le gouvernement.

«Ce n'est pas possible d'entamer un processus de discussions avec une menace aussi grande», a clamé le président de la Fédération étudiante collégiale, Léo Bureau-Blouin, qui n'a pas caché son désarroi devant la loi déposée jeudi soir.

«Inacceptable, intolérable, vraiment pire que ce à quoi on s'attendait», a-t-il martelé, visiblement secoué.

Selon lui, le projet de loi «vise à tuer les associations étudiantes» et constitue une limitation tout aussi excessive que déraisonnable du droit de manifester au Québec.

«Le gouvernement se sert d'une crise qu'il a lui-même créée pour transformer tout mouvement social d'expression citoyenne en crime, et un État qui a une tradition d'ouverture, en un État policier», a déclaré Léo Bureau-Blouin.

Tant la FECQ que la Fédération étudiante universitaire contesteront la loi qui, selon elles, contrevient aux chartes des droits de la personne.

«Avec cette loi, on vient dire aux jeunes que tout ce qu'ils ont créé depuis 14 semaines devient criminel, et qu'on n'a plus le droit d'exprimer publiquement notre désaccord», a ajouté la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins.

Gabriel Nadeau-Dubois, de la CLASSE, en a rajouté.

«Ce soir (jeudi) est un soir très sombre. À partir de demain (vendredi) la jeunesse du Québec ne sera plus libre de s'exprimer. Le Québec est en train de sombrer dans une dérive autoritaire.»

Ultime démarche

À quelques heures du dépôt de la loi spéciale, la FECQ et la FEUQ avaient lancé un ultime appel au compromis au gouvernement Charest, dans l'espoir de trouver une sortie de crise qui garantirait la paix sociale.

Appuyés tant par le Parti québécois que Québec solidaire, mais aussi des représentants du Mouvement des étudiants socialement responsables et de Robert Michaud, à l'origine de l'initiative «carré blanc», les deux leaders ont plaidé pour une reprise des négociations.

«Nous sommes ouverts à un compromis. Il ne faut pas que le désir de vengeance l'emporte sur la raison», avait plaidé Léo Bureau-Blouin.

«L'heure n'est plus à regarder les sondages ou vers une prochaine élection, l'heure est à régler une des pires crises que le Québec ait connues», avait clamé Martine Desjardins.

M. Bureau-Blouin a notamment affirmé qu'il était ouvert à revoir la proposition de la FECQ quant à la composition d'un éventuel comité de gestion des universités.

Martine Desjardins a toutefois précisé que le différend sur la composition du comité ne constitue pas la seule pomme de discorde avec le gouvernement.

Vendredi matin, à Québec, Louis Roy, président de la CSN, Réjean Parent, président de la CSQ, et Claude Maltais, représentant de la FTQ, réagiront au dépôt de ce projet de loi en conférence de presse. Ils seront accompagnés des représentantes et des représentants des quatre associations étudiantes, soit la FECQ, la FEUQ, la CLASSE et la TaCEQ.



 
 


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