OTTAWA – Le ministère de la Défense nationale a soutenu le projet d'achat de l'avion de combat F-35, en accusant le directeur parlementaire du budget, Kevin Page, d'avoir gonflé ses propres estimations en calculant le coût de l'achat de manière incorrecte.
Selon le directeur financier au ministère de la Défense, Kevin Lindsey, le directeur parlementaire du budget a estimé le coût du F-35 en se basant sur le poids de l'avion.
«Si le directeur parlementaire du budget s'était servi de ce qui devait être à l'époque le coût d'acquisition de l'avion […] alors les estimations du directeur, toutes choses étant égales par ailleurs, auraient été de 17,2 milliards $ sur une période de 30 ans, plutôt que 29 milliards $», a déclaré M. Lindsey lors de sa comparution mardi devant le comité des comptes publics.
Le député du NPD, Malcom Allen, estime pour sa part que «les chiffres du directeur parlementaire sont plutôt bas» et que «en bout de piste, je pense qu'on parle d'un coût de l'ampleur de 35 milliards $.»
Selon le récent rapport du vérificateur général, le gouvernement a omis d'inclure à son estimation de 14,7 milliards $ pour l'achat des F-35 une somme de 10 milliards $ pour la durée de vie des avions, le coût du carburant, les salaires et les autres coûts opérationnels.
On a notamment reproché au ministère de la Défense nationale d'avoir estimé les coûts du F-35 sur une période de 20 ans, même si les avions sont censés voler pendant 36 ans.
Le ministère a accepté de réviser ses estimations, tout en avertissant que les nouveaux chiffres ne seront pas à toute épreuve.
«Il y a vraiment une grande incertitude concernant les coûts des technologies de l'aérospatiale au-delà de 20 ans et cela devient très difficile à prédire», a indiqué le sous-ministre à la Défense nationale, Dan Ross.