André Corbeij
Agence QMI

Battu à son école parce qu'il fait du patin artistique

Intimidation - Battu à son école parce qu'il fait du patin artistique

Jérémy Allard© ANDRÉ CORBEIJ/AGENCE QMI


André Corbeij

SAINTE-ANGÈLE – Jérémy a huit ans et rêve de participer un jour aux Jeux olympiques. Il fait du patin artistique, collectionne les médailles d'or et est un bon élève. À son école, on le harcèle et on l'intimide pour ça. Jérémy ne comprend pas. Il a peur.

Les sarcasmes et les insultes ont fait place à la violence. Le garçon a été agressé par ses camarades de classe le 14 octobre dernier sur l'heure du midi alors qu'il jouait au soccer. On l'a projeté par terre et on lui a sauté dessus à pieds joints à deux reprises.

Des blessures sévères au dos l'ont écarté de la compétition pour plusieurs semaines. Sa maman Josée qui travaille à la même école au service alimentaire a aussi été victime de harcèlement de façon plus sournoise et insidieuse. Ses services ont été de moins en moins requis lors d'événements spéciaux. Elle en a assez. Le 6 mai, une grande marche s'organise dans les rues de Sainte-Angèle pour que cela cesse.

T'es rien qu'une tapette!

Difficile de croire à l'histoire du petit Jérémy. En entrevue, il a été très en contrôle de ses émotions pour nous la raconter. Parce qu'il est prêt. Une rencontre avec Jasmin Roy qui était venu prononcer une conférence à Saint-Césaire lui a donné le courage de poser des gestes pour faire cesser l'intimidation dont il est victime et aussi pour aider tous les autres enfants qui font du sport et qui en sont victimes.

Josée Desrochers se doutait bien qu'il se passait des choses à l'école. Ses professeurs avaient remarqué une baisse d'attention et des problèmes de concentration chez son garçon.

L'intimidation a commencé à l'école alors que Jérémy avait six ans quand certains des enfants avaient appris qu'il faisait du patin artistique. Jusque-là tout allait bien pour lui. Il avait de bonnes notes. Un jour, l'enseignante en première année convoque la maman de Jérémy pour lui dire qu'il n'allait pas bien. Son comportement avait changé. Il était devenu agressif, ce qui l'inquiétait. Alarmée, Josée Desrochers est revenue à la maison pour comprendre ce qui n'allait pas.

«Un soir, Jérémy était dans son bain. Lorsque j'ai ouvert une bouteille de shampooing de couleur rose, il me l'a arrachée des mains et l'a lancée sur le mur en me disant : je ne suis pas une fille! On m'achale avec ça à l'école. On me traite de fif, de tapette, d'Hannah Montana», a raconté Josée.

Ce que la maman de Jérémy a du mal à comprendre c'est que les enfants qui le harcèlent et qui l'ont violenté ont le même âge que lui.

«Parce qu'il ne fait pas du motocross ou qu'il ne joue pas au hockey, on se moque de lui, on lui lance des roches et on lui donne des jambettes, a-t-elle dit. Ça va être quoi la prochaine étape? Le pire c'est qu'on est en 2012 et qu'il y a des adultes qui encouragent ça.

À l'école, des mesures ont été prises pour que des lettres d'excuses soient acheminées à Jérémy. Des parents ont refusé de signer la lettre. Un jour, alors que j'avais le dos tourné sur le trottoir au village, un parent s'est exclamé en disant : “C'est pas de ma faute si la crisse de vache fait faire un sport de fif à son gars!”»

Une marche

Le dimanche 6 mai, à compter de 13 h, une marche de 3 kilomètres se tiendra dans les rues de Sainte-Angèle. Les gens sont attendus au centre communautaire Charles-d'Auteuil, situé tout près de l'école Jeanne-Mance.

Jasmin Roy, fondateur et porte-parole de la Fondation Jasmin Roy qui œuvre dans la prévention, la sensibilisation et le combat à l'intimidation au Québec, sera présent. Élus municipaux, députés et membres de la Commission scolaire des Hautes-Rivières seront également au rendez-vous. Le public est invité à prendre part à la marche pour soutenir la cause.



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