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Déjà 850 millions $ pour Gentilly-2

Bécancour - Déjà 850 millions $ pour Gentilly-2

La centrale nucléaire Gentilly-2.© Archives / Agence QMI

QUÉBEC - Alors que le gouvernement Charest n'a toujours pas statué sur l'avenir de la centrale nucléaire Gentilly-2, Hydro-Québec a confirmé, mercredi, qu'elle a déjà engagé 850 millions $ dans les travaux préliminaires de réfection.

Ironiquement, en 2003, la toute première évaluation de la remise à neuf complète de la centrale de Bécancour s'établissait justement à... 850 millions $. L'évaluation a ensuite grimpé à 1,2 milliard $ en 2004 puis à 1,9 milliard $ en 2008.

Impossible de savoir, aujourd'hui, avec précision, combien il en coûterait pour rénover la seule centrale nucléaire du Québec malgré les différentes estimations qui circulent depuis quelques mois. Pressé de questions à ce sujet, le PDG d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, a admis qu'il en coûtera plus de 1,9 milliard $ «à l'évidence», lors d'un point de presse à l'Assemblée nationale, en marge de l'étude des crédits budgétaires du ministère des Ressources naturelles (volet Énergie), se gardant toutefois d'avancer un chiffre.

«Extrêmement préoccupant»

«On a déjà la moitié du budget de dépensé, c'est quand même quelque chose! Moi, je trouve ça extrêmement préoccupant», lui a lancé le député péquiste Bernard Drainville, en commission parlementaire. «Est-ce qu'on a le bras dans le tordeur?» Autrement dit, est-il trop tard pour reculer?

Puisque la décision revient au gouvernement, le ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac, a saisi la balle au bond. «Ce n'est pas parce qu'on a 850 millions d'engagés qu'on doit continuer si on trouve que ça n'a pas de bon sens. On veut avoir l'état des lieux exact. On attend de savoir, justement, ce que ça va coûter.»

Québec attend un rapport de la Commission canadienne de la sûreté nucléaire, dans la foulée de l'accident de Fukushima au Japon et s'inspirera aussi des travaux d'une centrale identique à Point Lepreau, au Nouveau-Brunswick, dont les coûts de réfection ont explosé, passant de 1,4 milliard $ à au moins 2,4 milliards $.

Thierry Vandal a déclaré qu'il était «tout à fait prévisible et normal» d'engager de telles sommes. Il a tenté de se faire rassurant, soutenant que certaines pièces d'équipement, qui devaient être commandées plusieurs années à l'avance, pourraient être revendues si Québec choisissait de fermer la centrale. «La valeur résiduelle de ces équipements-là, elle n'est certainement pas nulle», a-t-il avancé, ajoutant qu'Hydro-Québec avait agi de façon prudente en ralentissant le rythme de ses engagements.


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