TORONTO – Le Québec fait piètre figure en matière de bénévolat, selon des données publiées par Statistique Canada. La Fédération des centres d'action bénévole du Québec interprète toutefois la situation autrement.
Selon l'analyse de l'agence fédérale publiée lundi, à l'occasion de la Semaine nationale de l'action bénévole, le Québec affichait en 2010 le taux de bénévolat le plus bas parmi les treize provinces et territoires canadiens.
Le taux de participation chez les Québécois de 15 ans et plus en 2010 était de 37 %, à égalité avec les Territoires du Nord-Ouest.
À l'autre bout du spectre, la Saskatchewan et le Yukon enregistraient le taux le plus élevé avec 58 %. La moyenne canadienne était de 47 %.
En moyenne, les bénévoles ont consacré de 140 à 178 heures aux organisations communautaires en 2010 au Canada. Encore une fois, le Québec termine bon dernier dans cette catégorie d'analyse avec 128 heures dans l'année.
C'est en Nouvelle-Écosse où le nombre d'heures était le plus élevé avec 207 heures par bénévole, en moyenne, en 2010.
Une récente analyse de Statistique Canada révélait que le Québec arrivait aussi bon dernier au Canada au chapitre du montant du don annuel moyen. Il s'élevait à 208 $ par personne en 2010 alors que la moyenne nationale était de 446 $.
Pierre Riley, directeur général de la Fédération des centres d'action bénévole du Québec, signale toutefois que le bénévolat est en meilleure santé que ce qu'indiquent les chiffres de Statistique Canada.
Selon M. Riley, les Québécois donnent moins aux organisations parce qu'ils sont moins sollicités qu'ailleurs au pays en raison des octrois gouvernementaux que verse Québec aux organisations communautaires.
«Les organisations québécoises ne font pas de levées de fonds majeures alors que leurs contreparties dans le reste du Canada sont obligées de solliciter les donateurs», a expliqué M. Riley.
C'est un peu la même chose au chapitre du bénévolat, a-t-il précisé. Au Québec, plusieurs organisations comptent des employés rémunérés et des bénévoles alors que les organisations dans les autres provinces, en général, ne comptent que sur l'action bénévole pour leur fonctionnement quotidien.
M. Riley souligne toutefois certaines préoccupations, dont une décroissance observée du bénévolat dans les services sociaux et de l'implication bénévole chez les baby-boomers.