En entrevue à l'émission «Larocque-Lapierre», la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, est restée braquée, affirmant qu'il était toujours hors de question que le gouvernement négocie sur la hausse des droits de scolarité.
«On est un gouvernement démocratiquement élu qui prend des décisions, a-t-elle affirmé. La décision, elle est prise et on est fermes sur cette décision que beaucoup de gens comprennent. Il faut aussi que les leaders étudiants prennent leurs responsabilités et acceptent qu'en démocratie il y a un gouvernement qui prend des décisions.»
Intimidation et violence
La ministre déplore par le fait même les actes d'«intimidation» et de «violence» posés au cours des derniers jours. Son bureau ainsi que des locaux de l'Université de Montréal ont notamment été vandalisés. Malgré tout, Line Beauchamp demeure intraitable.
«Je prends mes responsabilités comme ministre de l'Éducation, mais on ne peut pas me demander, parce qu'il y a du vandalisme, parce qu'il y a du saccage, parce qu'on utilise des gestes violents, d'aller m'asseoir et de céder, a-t-elle dit. [...] Je ne peux pas céder à l'intimidation et à la violence.»
Mme Beauchamp a d'ailleurs rappelé que le gouvernement libéral tente de s'attaquer à l'intimidation dans toutes les sphères de la société, autant sur les chantiers de construction que dans les établissements scolaires.
Pas seulement l'œuvre des étudiants
Toutefois, lorsque vient le temps de condamner les gestes disgracieux qui ont été posés, la ministre reste prudente et refuse de montrer du doigt exclusivement le mouvement étudiant. Elle croit plutôt que d'autres groupes profitent des manifestations.
«Derrière le mouvement étudiant, collé au mouvement étudiant, on assiste à la présence de plusieurs autres groupes qui utilisent ce débat-là pour aller faire du désordre social, a-t-elle ajouté. Je pense vraiment que les concitoyens ne peuvent pas tolérer que, parce qu'il y a ce type d'usage d'intimidation, de violence, qu'on devrait aller s'asseoir et céder aux demandes étudiantes.»
«Nous avons bougé»
Concernant les positions qui sont globalement restées les mêmes des deux côtés jusqu'à maintenant, la ministre de l'Éducation affirme que le gouvernement a parcouru son bout de chemin et accuse les leaders étudiants de refuser d'en faire de même.
«On me demande d'être souple, j'ai bougé sur l'aide financière aux études. [...] Est-ce que vous avez entendu un élément de souplesse, est-ce que quelqu'un a mis de l'eau dans son vin du côté étudiant? Non!»
Le gouvernement Charest a annoncé, le 5 avril, qu'il instaurait un programme de remboursement du prêt étudiant proportionnellement au revenu gagné. Québec bonifie également son aide pour les familles «de la classe moyenne».
Finalement, Line Beauchamp appelle les étudiants à retourner en classe, mais surtout à respecter les injonctions qui ont été émises par la cour.
«Je suis devant une majorité d'étudiants qui veulent aller à l'école et mon rôle est de faire en sorte que ces étudiants-là puissent y aller, a-t-elle dit. La loi est de leur côté, les tribunaux sont de leur côté. [...] La loi dit ceci : on ne peut pas bloquer l'entrée à un édifice. Ceux qui veulent suivre leurs cours sont en droit de le faire.»
Selon la ministre de l'Éducation, 65 % des étudiants des niveaux collégial et universitaire sont actuellement en classe.