Nicolas Saillant
Agence QMI

La droite orpheline

Politique provinciale - La droite orpheline

La cofondatrice du RLQ, Joanne Marcotte.© Didier Debusschere / Agence QMI


Nicolas Saillant

Dernière mise à jour: 18-03-2012 | 22h03

QUÉBEC – Avec la dissolution de l'ADQ au profit de la CAQ, la plupart des membres du Réseau Liberté-Québec, qui se sont réunis dimanche à Lévis pour une troisième conférence, se disent maintenant orphelins politiquement.

Le mouvement politique de droite qui regroupe maintenant 1100 membres souhaitant plus de libertés et de responsabilités individuelles s'est réuni pour notamment discuter des dérives du multiculturalisme. Environ 400 personnes étaient sur place, ce qui a satisfait la cofondatrice du RLQ, Joanne Marcotte, qui appréhendait un essoufflement de la droite québécoise compte tenu de l'absence de parti politique représentant leurs valeurs.

«Je suis vraiment contente considérant le contexte politique, a-t-elle dit. Il y a vraiment un vide pour les gens de la droite qui veulent des réformes, il n'y a pas de relève, il n'y a plus de parti.»

La majorité des membres du RLQ rencontrés sur place se sont dits orphelins politiquement, principalement depuis que l'ADQ a été avalée par la CAQ.

«Il n'y a pas d'offre politique; s'il y a des élections, présentement, je ne sais pas pour qui voter, il n'y a pas personne qui représente nos valeurs», a estimé Francis Archambault.

«On est vraiment orphelins», a ajouté Grégory, qui ne voit pas le Parti conservateur du Québec comme une option valable pour le moment.

Valeurs non négociables

Devant la montée de l'islam politique, le RLQ a choisi d'orienter son troisième événement sur cette question préoccupante. Pour l'occasion, Salim Mansur, un musulman canadien professeur agrégé de sciences politiques à l'Université Western en Ontario, a été invité. M. Mansur est venu dire que les valeurs occidentales ne sont pas négociables.

«On a beaucoup de problèmes avec le multiculturalisme en Occident, a lancé l'auteur d'un livre sur la question. Le multiculturalisme dit que toutes les cultures sont égales, c'est faux […] Quand on dit ça, on rejette les valeurs qui ont fait de l'Occident ce qu'il est.»

Les libertés individuelles, la liberté d'opinion et la séparation de l'Église et de l'État ne doivent donc pas être diluées, selon lui. «Il faut avoir le courage de rejeter le multiculturalisme et le dire aux politiciens : “nous le rejetons”», a-t-il clamé.



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