Geneviève Lajoie
Agence QMI

Un accommodement déraisonnable, dit le PQ


Geneviève Lajoie

Dernière mise à jour: 14-03-2012 | 22h07

QUÉBEC – L'abattage halal ou casher heurte de plein fouet les valeurs québécoises et amène même des risques pour la santé, estime le Parti québécois.

«Au delà de l'aspect religieux, cet abattage rituel implique le sectionnement de la gorge et le saignement de l'animal encore vivant. Comme vétérinaire, je peux vous dire que ce type d'abattage ne correspond pas selon moi aux valeurs du Québec», a lancé le député péquiste André Simard mercredi en conférence de presse.

Après la France, la controverse sur la viande halal a atteint le Québec. Mardi, Mario Dumont a révélé sur les ondes de VTélé que les poulets de l'usine Olymel de Saint-Damase sont tous halal. Une information qui n'est toutefois pas indiquée sur les étiquettes.

Au Québec, les normes en matière d'abattage stipulent que l'animal doit être étourdi, inconscient, avant sa mise à mort par la saignée pour éviter un maximum de souffrance et de douleur, a précisé le député Simard.

«Je considère qu'il y a quand même une souffrance ou des douleurs plus élevées pour les animaux qui sont abattus sous le mode religieux.»

Risque sanitaire

M. Simard croit qu'il y a également un «risque sanitaire» à consommer de la viande bovine halal. S'il refuse de dire qu'il souhaite qu'on fasse cesser cette pratique, le péquiste estime que l'abattage rituel doit demeurer une pratique d'exception.

«C'est légal. Mais ce qu'on constate, c'est que l'exception semble devenir la règle et ce n'est pas ce que nous voulons», a insisté M. Simard, qui va jusqu'à qualifier cette pratique «d'accommodement déraisonnable».

Au PQ, on croit que le consommateur a le droit de savoir ce qu'il achète. Le député de Kamouraska-Témiscouata réclame que le gouvernement donne le portrait de l'abattage rituel au Québec. «Les gens jugeront» par la suite s'ils acceptent de manger de la viande halal ou casher, a-t-il renchéri.

Réactions du MAPAQ

Le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Pierre Corbeil, a réagi mercredi en fin de journée aux propos du député Simard en assurant que la consommation des viandes et volailles mises en marché au Québec ne posait aucun risque.

«L'abattage des animaux au Québec est encadré par des lois et des règlements qui assurent un abattage sans cruauté et une viande salubre. Toute viande issue d'un abattoir sous inspection doit respecter ces exigences avant d'être commercialisée», a précisé le ministre par voie de communiqué.



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