Charest soutient que le français va bien au Québec

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Jean Charest et Abdou Diouf ont discuté pendant deux heures du Forum mondial de la langue française, qui se tiendra à Québec en juillet, puis du Sommet de la Francophonie, qui aura lieu en octobre au Congo. © Régys Caron / Agence QMI


Régys Caron

Paris – Alors que se multiplient les signes du recul du français au Québec, Jean Charest se fait une autre fois promoteur de la Francophonie sur la scène internationale.

Le premier ministre du Québec a rencontré lundi, à Paris, le Secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Abdou Diouf, dans le but de préparer le premier Forum mondial de la langue française, qui se tiendra à Québec du 2 au 6 juillet 2012.

«Ce sera l'occasion de parler de l'avenir de la langue française sur toutes les plates-formes, la science, la culture et la présence du français dans les organismes internationaux», a exposé M. Charest à la sortie d'un entretien de deux heures avec Abdou Diouf.

Environ 1 500 personnes provenant d'Afrique, d'Asie, d'Europe et d'Océanie sont attendues à cet événement.

Malgré les choix faits dans des institutions québécoises de renom comme la Caisse de dépôt et placements du Québec (CDPQ), la Banque nationale (BN), l'école des Hautes Études commerciales (HEC) Montréal, d'engager des dirigeants unilingues anglophones dans le cas de la CDPQ et de la BN, et d'ouvrir un programme de maîtrise en administration tout en anglais, dans le cas des HEC, Jean Charest a soutenu que le français continue de progresser au Québec. «Il y a progression du français chez les immigrants qui ont choisi notre langue», a plaidé le premier ministre.

Vigilants et trilingues

Jean Charest reconnaît que les Québécois doivent demeurer «vigilants» quant à la protection de leur langue. «Nous sommes entourés d'anglophones», a-t-il reconnu. Le secrétaire général de l'OIF a cautionné son invité: «L'anglais est omniprésent, mais c'est notre force de dire non à un monde unilingue», a dit Abdou Diouf avant de souhaiter que «l'homme honnête du XXIe siècle» puisse parler deux langues «de communication internationale» en plus de sa langue maternelle.

Les deux hommes ont aussi discuté des préparatifs en vue de la tenue du prochain Sommet de la Francophonie, qui se tiendra en octobre à Kinshasa, en République démocratique du Congo.

Protectionnisme

Par ailleurs, Jean Charest se dit inquiet de la montée des tentations protectionnistes chez les principaux partenaires commerciaux du Québec. «La crise financière a ravivé les réflexes protectionnistes, pas juste chez les Américains mais un peu partout sur la planète. Ça nous inquiète, ça nous préoccupe», a dit M. Charest, qui répondait ainsi à une question sur l'intention protectionniste évoquée, dimanche, par le président de la France, Nicolas Sarkosy, à l'occasion d'un discours électoral.

Le Canada et l'Europe sont en pleine négociation en vue d'un accord de libre-échange. Nicolas Sarkosy a souhaité que ces négociations soient dirigées par les chefs d'État et non par les « technocrates » de l'Union européenne.


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