QUÉBEC – Alors qu'il y a pénurie de personnel infirmier au Québec, 316 infirmières auxiliaires sont aujourd'hui sans permis de pratique parce qu'elles ont omis de suivre leur formation continue obligatoire.
Au total, jusqu'à 546 infirmières auxiliaires ont vu leur droit de pratique suspendu en septembre dernier, faute d'avoir satisfait aux exigences de leur ordre professionnel.
De ce nombre, 230 ont pu recouvrer leur permis après avoir fourni la preuve qu'elles avaient bel et bien suivi les 10 heures de cours obligatoires sur une période de deux ans.
Depuis l'adoption de ce règlement sur la formation continue en avril 2007, c'est la première fois que l'Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ) sanctionne des membres.
« Tous les efforts ont été faits afin d'éviter la suspension de ces permis. Les infirmières auxiliaires concernées ont reçu un premier avis en juin, puis un deuxième en août. Leurs employeurs ont également été informés », a expliqué le président de l'OIIAQ, Régis Paradis.
Assurer les compétences
« Notre intention n'est pas de pénaliser nos membres. Cette réglementation vise le maintien des compétences dans un contexte où les infirmières auxiliaires sont face à de nouvelles technologies, de nouveaux médicaments », a précisé M. Paradis.
La vice-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Sylvie Savard, partage cet avis, mais s'interroge tout de même sur la suspension du permis de pratique.
Le recrutement d'infirmières auxiliaires reste difficile dans le réseau de la santé, en particulier en soins de longue durée, rappelle-t-elle.
« Là où le bât blesse, c'est au niveau de l'accessibilité à la formation continue. Comment peut-on arriver à être formée lorsqu'on travaille une fin de semaine sur deux et qu'on fait des heures supplémentaires obligatoires? » a observé Mme Savard.
Selon M. Paradis, des cours sont accessibles en ligne et en établissement grâce à des ententes avec des commissions scolaires, en plus de la formation offerte par les employeurs.
Une première
Pour la première fois depuis janvier, les infirmières sont tenues de suivre 20 heures de formation continue par an, dont sept doivent être accréditées par une maison d'enseignement.
« C'est une norme déontologique et non un règlement. Personne ne va perdre son droit de pratique si elle déclare zéro cours », a affirmé la présidente de l'Ordre des infirmières du Québec, Gyslaine Desrosiers.
Au Québec, une vingtaine d'ordres professionnels ont un règlement sur la formation continue obligatoire.
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Cotisations salées pour les infirmières
La cotisation professionnelle des infirmières québécoises grimpe de plus de 20 %, cette année, atteignant un montant total de 411,03 $.
Plusieurs infirmières digèrent mal cette augmentation plutôt salée, si l'on en juge par la pétition qui circule en ligne depuis quelques jours sur les réseaux sociaux.
Celle-ci invite les membres de l'Ordre des infirmières du Québec à ne pas payer ce surplus. La pétition a recueilli à ce jour des centaines de signatures.
« C'est une hausse substantielle qui va sûrement susciter du mécontentement », a remarqué Nancy Hogan, la présidente du syndicat des professionnels en soins infirmiers et cardiorespiratoires au Centre hospitalier affilié universitaire de Québec (CHA).
Sa collègue à la vice-présidence, Joëlle Thiébaut, se demande pour sa part si l'argent est bien dépensé à l'Ordre. « Leur budget nous est présenté de façon très succincte. Les administrateurs projettent de s'installer dans un nouvel édifice de près de 26 millions de dollars. Il y a un manque de transparence », a déploré Mme Thiébaut.
Hausse inévitable
La présidente de l'Ordre des infirmières, Gyslaine Desrosiers, défend, quant à elle, avec vigueur la hausse des cotisations. « Nous avons un déficit actuariel important du régime de retraite des employés de l'Ordre, qui augmentera de 2,8 millions $, cette année », a plaidé Mme Desrosiers.
L'édifice actuel est vétuste et a nécessité des rénovations majeures de près de 2 millions de dollars, ajoute-t-elle. De plus, il a fallu procéder au remplacement des équipements informatiques au montant de 3,5 millions $.
Selon Mme Desrosiers, les cotisations des infirmières demeurent parmi les plus basses des ordres professionnels québécois.