MONTRÉAL - Les parents d'enfants autistes se sentent comme les grands laissés-pour-compte du système et soutiennent que l'aide à leur endroit est à peu près inexistante au Québec.
Ils étaient d'ailleurs des dizaines, mercredi midi, pour lancer leur cri du cœur devant les bureaux montréalais de Jean Charest.
Depuis 2003, le gouvernement investit 30 millions $ par année pour les services liés aux troubles envahissants du développement (TED), une catégorie dans laquelle se retrouve l'autisme. C'est trop peu, disent les parents.
Une méthode prometteuse
Les parents de Baptiste sont bien au fait des difficultés pour obtenir des services. Leur fiston, âgé de 3 ans et 2 mois, est autiste. Depuis un mois, il recourt à la méthode ABA, une thérapie intensive qui traite les symptômes du TED.
Les résultats sont plus qu'encourageants. En un mois à peine, raconte la maman, Baptiste a déjà fait plus de progrès qu'au cours de la dernière année entière.
Malheureusement, pour avoir accès à ce traitement, les parents du petit Baptiste doivent payer 40 000 $ par an, et ce, pour les deux prochaines années.
Les services, de la «poudre aux yeux»
Selon le père de Baptiste, 88 % des enfants qui accèdent à la thérapie ABA, à raison de 40 heures par semaine sur une période de deux ans, n'auront plus de diagnostic d'autisme quand ils atteindront 13 ans.
«Ça ne veut pas dire qu'ils ne sont plus autistes; ça veut dire qu'ils sont fonctionnels comme n'importe quelle autre personne dans la vie de tous les jours», a précisé le papa, Laurent Gigon.
Malheureusement, il est impossible d'avoir rapidement accès à cette thérapie dans le secteur public.
Les parents de Baptiste ont aussi dû se tourner vers le privé pour obtenir le diagnostic de TED. Au public, affirment les Gigon-Nadeau, ils seraient encore en attente.
Urgence d'agir
La mère de Baptiste trouve également les délais d'attente inconcevables.
«En gros, on va attendre un an, un an et demi ou plus pour avoir un diagnostic, a indiqué Laurence Nadeau, une maman exaspérée. Puis après, on va encore attendre un an à un an et demi pour le centre de réadaptation. Grosso modo, c'est complètement fou d'attendre trois ou quatre ans pour un enfant qui a besoin qu'on s'occupe de lui le plus rapidement possible.»
De son côté, M. Gigon croit que le gouvernement a fait le choix de fermer les yeux sur le problème des enfants autistes.
«Si mon enfant arrive avec un cancer à l'hôpital, on ne va pas lui dire de revenir dans un an ou deux pour un diagnostic, puis qu'on va lui donner la moitié ou un tiers de la dose dont il aurait besoin pour guérir», a-t-il précisé.
D'après les chiffres du gouvernement, le nombre d'enfants atteints d'autisme explose au Québec. De 2004 à 2010, il y a eu une augmentation de 169 % des cas.
Mardi, la ministre déléguée aux Services sociaux, Dominique Vien, a annoncé que le gouvernement ferait un bilan de son plan d'action en matière de troubles envahissants du développement.