QUÉBEC – Après le Barreau du Québec et l’Assemblée nationale, des experts en criminologie se sont ajoutés à la liste des opposants au projet C-10 sur la loi et l’ordre que veut faire adopter le gouvernement conservateur de Stephen Harper d’ici la fin de l’année.
L’offensive du gouvernement conservateur pour imposer un durcissement des peines dans le domaine de la justice pénale adolescente et adulte soulève une vive opposition dans la province, malgré le fort appui des Québécois sur ces questions.
L’Association des centres jeunesse du Québec (ACJQ), la Société de criminologie du Québec, l’Institut Philippe-Pinel, l’Association canadienne de justice pénale (ACJP) et l’Association des services de réhabilitation sociale du Québec ont fait front commun mercredi pour dire que cette loi aurait des impacts néfastes sur la population.
Surpopulation carcérale, gaspillage d’argent, système inefficace et frein à la réinsertion sociale figurent parmi leurs principaux arguments.
« Le gouvernement nous présente une solution à la recherche de problèmes. L’incarcération n’est pas efficace pour empêcher la récidive », a dit Patrick Altimas, directeur général de l’Association des services de réhabilitation sociale du Québec.
Québécois sondés
Pourtant, selon un récent sondage Léger Marketing, la plupart des Québécois estiment que les crimes ne sont pas suffisamment punis (77 %). D’ailleurs, plus des trois quarts des Québécois souhaitent que notre système de justice soit plus sévère envers les criminels adultes et près de la moitié des Québécois veulent des peines plus sévères pour les jeunes contrevenants.
Un des objectifs de la loi est de pouvoir condamner plus souvent les jeunes contrevenants selon les mêmes règles que les adultes lors de crimes graves, comme un meurtre ou une agression sexuelle.
« L’intransigeance envers les personnes en conflit avec la loi nous préoccupe beaucoup », a ajouté Michel Gagnon, de l’ACJP.
Tous les élus de l’Assemblée nationale du Québec ont rejeté le projet de loi omnibus C-10. Aux Communes, le ministre de la Justice Robert Nicholson n’a pas bronché.
Le Barreau du Québec a récemment dénoncé les mesures proposées en affirmant qu’elles ne répondent à aucun besoin réel du système de justice.
L’ajout des peines minimales obligatoires et la diminution de la discrétion judiciaire des juges dérangent notamment les juristes.