Ewan Sauves
Journal de Montréal

Infirmières : diplôme universitaire exigé

Santé - Infirmières : diplôme universitaire exigé

Gyslaine Desrosiers© Archives/Agence QMI


Ewan Sauves

MONTRÉAL - L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) a adopté lundi la proposition voulant rendre le diplôme universitaire obligatoire pour exercer la profession d’infirmier.

L’OIIQ fera dans les prochains mois les représentations requises auprès du gouvernement du Québec afin que le droit de pratique soit obtenu à la fin de la formation universitaire, tout en prenant en considération des mesures de transition pour les infirmières en poste actuellement.

Un retard important

Selon la présidente de l’OIIQ, Gyslaine Desrosiers, il est grand temps de mettre la formation d’infirmière à jour. « Il faut préparer la relève pour les 40 prochaines années. Le Québec a 10 ans de retard par rapport aux autres provinces. »

Elle a ajouté que de nouveaux défis attendent les infirmières de demain. « Le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques rendent la tâche difficile. »

Toutes les provinces canadiennes, à l’exception du Québec, exigent le baccalauréat pour l’entrée dans la profession.

D’après l’OIIQ, l’instauration en 2004 du programme DEC-BAC n’a pas été suffisante : seulement 40 % des personnes inscrites au programme vont à l’université.

Alors qu’ailleurs au Canada, il faut avoir complété 5400 heures de formation infirmière pour pratiquer, au Québec, le DEC en soins infirmiers n’en demande que 2145.

« Il manque des heures, ce n’est pas suffisant. Il ne s’agit pas de savoir combien d’heures ça prend pour former une infirmière au Québec, mais plutôt combien d’heures cela prend pour former la relève », a tenu à préciser Gyslaine Desrosiers.

Sur le qui-vive

La vice-présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), Micheline Thibodeau, s’est dite « estomaquée » et n’arrive pas à comprendre une telle proposition. Selon elle, l’OIIQ n’a pas réellement analysé les besoins du milieu. D’après elle, la formation collégiale est amplement suffisante.

« Si les infirmières qui possèdent un DEC ne sont pas prêtes à affronter les défis, il faut mettre à jour les compétences enseignées, a affirmé Mme Thibodeau. On ne peut pas simplement effacer tout un système d’éducation. »

Pour le moment, rien n’est coulé dans le béton. C’est au ministère de la Santé et des Services sociaux et de l’Éducation d’avoir le dernier mot.



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