Une baisse de l’effectif étudiant appréhendée

Hausse des droits de scolarité - Une baisse de l’effectif étudiant appréhendée

«La hausse de frais est injuste et fermera la porte des universités à des milliers d’étudiants», a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de l’ASSÉ.© Agence QMI / Archives


Charles Lecavalier

MONTRÉAL – Un comité consultatif mandaté par le gouvernement du Québec pour examiner les conséquences des hausses des droits de scolarité de 1625 $ sur cinq ans s’est dit inquiet des effets sur l’accessibilité à l’éducation dans un rapport rendu public jeudi.

Le Comité consultatif sur l’accessibilité financière aux études (CCAFE) prévoit que cette hausse pourrait provoquer une diminution des effectifs, dans le pire des scénarios, une chute de 2,4 %, soit 7000 étudiants.

Le comité a tempéré toutefois la chose en soutenant que les boursiers seront indemnisés par une augmentation égale du régime de prêts et bourses et a spécifié que la hausse est connue depuis longtemps.

L’inquiétude repose également sur l’accès au système universitaire pour les étudiants des familles à faible revenu. Ceux-ci auraient tendance à surestimer les coûts de l’éducation, sous-estimer les bénéfices et à craindre l’endettement.

Le CCAFE recommande au gouvernement de rendre ces étudiants à faible revenu admissibles au programme de remise de dette et de mieux communiquer l’offre de l’aide financière aux études. Il souhaite aussi que le gouvernement mène une enquête sur les conditions de vie des étudiants de 2012 à 2017 pour faire un portrait de l’évolution socioéconomique de ceux-ci.

«Cela fait des années que l’ASSÉ répète que toute hausse de frais de scolarité a des impacts directs sur l’accessibilité et le gouvernement l’a toujours nié. La hausse de frais est injuste et fermera la porte des universités à des milliers d’étudiants», a déclaré par voie de communiqué Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de l’ASSÉ.

«Moins de jeunes vont à l'université, on va perdre 7000 étudiants et on nous annonce qu'on va utiliser les étudiants comme des rats de laboratoire, des cobayes, a souligné Martine Desjardins, présidente de la FEUQ. Toutes les études sérieuses démontrent les impacts négatifs d'une hausse aussi drastique sur l'accessibilité aux études. On va sacrifier une génération à cause de l'entêtement du gouvernement Charest.»


Vidéos

Photos