Mathieu TURBIDE
Journal de Montréal

Attention à l'islam politique

Livre - Attention à l'islam politique

Dimanche dernier, lors du 10e anniversaire du 11 septembre, un groupe islamiste appelé Muslims Against Crusades a manifesté devant l’ambassade américaine à Londres.© KEYSTONE


Mathieu TURBIDE

Deux ans après avoir publié Ma Vie à contre-Coran - le témoignage troublant de sa vie en Algérie -, la journaliste québécoise Djemila Benhabib s'attaque à nouveau aux islamistes qui cherchent, selon elle, à imposer leur idéologie politique jusque dans les pays occidentaux, comme le Québec.

Son nouveau livre, Les Soldats d'Allah à l'assaut de l'Occident, qui sort demain en librairie, dénonce la montée de l'islam politique, notamment ici au Québec.

«Ils sont de plus en plus présents, ici, dans pratiquement toutes les régions. Ils s'affichent de plus en plus. Leurs objectifs sont avoués. Il faut lire les livres qu'ils distribuent dans leurs librairies, leurs centres culturels. Ce sont des horreurs», dit-elle.

Mieux financés

Selon Mme Benhabib, les islamistes politiques, bien que minoritaires, sont mieux structurés et mieux financés que la plupart des musulmans. Ce sont eux, dit-elle, qui ouvrent des centres communautaires musulmans et qui s'en servent pour propager leur doctrine.

«Le problème principal des Arabes et des musulmans au Québec, c'est le chômage, la difficile intégration au marché du travail. Si ces centres communautaires avaient réellement à coeur les intérêts de ces gens, ils les aideraient à s'intégrer dans la société d'accueil. Au lieu de cela, on leur enseigne le Coran et l'arabe. Ce n'est pas avec ça qu'ils vont se trouver du travail», dit-elle.

De la «provocation»

Ce sont eux aussi, accuse-t-elle, qui cherchent sans cesse à provoquer des situations conflictuelles avec la société d'accueil, «notamment en faisant des demandes d'accommodements raisonnables».

«Bien sûr, ces crises servent leurs intérêts. Ils placent les musulmans en position de victimes pour pouvoir mieux les jeter dans les bras de l'islamisme politique. C'est une évidence», soutient-elle.

Elle en veut à Québec solidaire

Le débat sur le port du voile dans les institutions gouvernementales québécoises a profondément choqué l'auteure, qui en veut notamment à la Fédération des Femmes du Québec, à Québec solidaire et à une certaine élite de gauche.

«Ça me dépasse totalement. Ces gens-là, qui devraient se battre pour les droits des femmes, ont plutôt cherché à banaliser l'islam politique. C'est inquiétant.»

Les Soldats d'Allah à l'assaut de l'Occident, de Djemila Benhabib, publié chez VLB Éditeur, paraît demain en librairie.

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L'ISLAM POLITIQUE: UNE MENACE RÉELLE

Une bataille décisive se déroule sous nos yeux, ici même en Occident, et nous sommes en train de la perdre. Elle a pour principal acteur l'islam politique (qu'on appelle aussi l'islamisme) qui a planté au coeur des démocraties occidentales autant d'étendards visibles que camouflés.

NOYER LE MODÈLE QUÉBÉCOIS

La bataille de l'acceptation du voile a atteint son apogée avec les audiences de la commission Bouchard-Taylor qui a servi de tremplin extraordinaire aux islamistes pour travailler l'opinion publique. Pour ceux qui militaient activement en faveur d'un Québec plus réceptif aux revendications islamistes, les élites multiculturalistes et tiers-mondistes allaient être d'un grand secours. Des philosophes, des sociologues et des historiens ainsi que bon nombre d'universitaires et de militants altermondialistes se sont mis de la partie pour offrir une légitimité inespérée à tous ceux qui rêvaient d'en découdre avec le modèle québécois pour le noyer dans un conglomérat canadien, plus favorable aux particularismes ethniques et religieux.

À PROPOS DE TARIQ RAMADAN

Pour Ramadan, il est «islamiquement obligatoire de voiler les femmes» comme il est «islamiquement obligatoire de les lapider». Celui qui ne cesse de réitérer l'importance d'une «recontextualisation» des textes coraniques dans la réalité contemporaine, par opposition aux littéralistes (fondamentalistes), reste arc-bouté au Moyen ge et ne se réfère jamais aux réformistes musulmans qui ont prescrit l'abandon total du voile islamique, une position que continuent d'ailleurs de défendre quelques imams modernistes au péril de leur vie.

L'AMBIVALENCE D'AMIR KHADIR

Que reste-t-il au juste chez Khadir de cette sensibilité à l'islam politique ? [...] À analyser son cheminement, il semble fort probable que les vieux réflexes aient la peau dure et qu'ils resurgissent à des moments clés de nos débats politiques. Bien entendu, il est foncièrement grossier de prétendre, comme le font certains, que Khadir est un islamiste ou qu'il a un «agenda» caché. Par ailleurs, ses prises de position démontrent clairement qu'il est ambivalent, incohérent et écartelé entre deux référentiels qui se tournent le dos : l'un résolument progressiste en faveur des droits des femmes et de la justice sociale et l'autre, communautariste.



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