Huguette Young
Agence QMI

Les députés du NPD sous le choc

Décès - Les députés du NPD sous le choc

Les gens se sont rassemblés sur la colline du Parlement à Ottawa à la mémoire de Jack Layton.© John Major/ Agence QMI


Huguette Young

Dernière mise à jour: 22-08-2011 | 20h30

OTTAWA - Les 103 députés néo-démocrates étaient sous le choc à l’annonce de la mort de leur chef Jack Layton.

La mine basse, plusieurs n’en revenaient pas. Ils avaient espéré que M. Layton fasse un retour au Parlement.

Par respect pour leur chef, le bureau du NPD à Ottawa était fermé lundi et le drapeau canadien était en berne au Parlement.

«On vit le deuil, a expliqué l’attaché de presse de M. Layton, Karl Bélanger. C’est une journée assez difficile pour tous les gens du NPD, pour les gens au Canada également. Je pense que les gens sont très très touchés par la nouvelle et c’est un peu un deuil national.»

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Pour M. Bélanger qui était aux côtés du chef depuis son élection à la tête du parti en 2003, M. Layton était d’abord et avant tout «un homme qui était porté par l’optimiste, par la possibilité de changer les choses et ne voulait absolument rien savoir de ceux qui disaient que c’était impossible. C’était comme ça qu’il a bâti sa carrière politique. Les résultats sont venus prouver qu’effectivement, on était capable de battre l’impossible.»

La chef du NPD par intérim, Nycole Turmel, a souligné sa mémoire par une phrase de Tommy Douglas (un autre ancien chef de ce parti) que M. Layton incluait dans chacun de ses courriels: «Courage mes amis, il n’est pas trop tard pour bâtir un monde meilleur.»

Séduits par l’homme qu’ils appelaient affectueusement «Jack», les Québécois ont fait élire 59 députés du NPD lors des élections du 2 mai. Pour Guy Caron, président du caucus québécois, ce fut le véritable «coup de foudre» pour le chef néo-démocrate, une personne «authentique» qui avait «à cœur les démunis, la classe moyenne.»

«C’est la première fois en 15 à 20 ans au Québec et au Canada, qu’on a vu quelqu’un d’aussi rassembleur», a-t-il ajouté.

Le soir des élections, M. Bélanger se souvient que son chef était très heureux des résultats au Québec, heureux de cette «intimité» avec les Québécois.

«L’objectif demeurait de former un gouvernement néo-démocrate alors évidemment, à ce niveau-là, c’était une victoire douce-amère, mais tout de même historique.»

Sous le choc, le député néo-brunswickois d’Acadie-Bathurst Yvon Godin a dû fermer la porte de son bureau pour absorber la nouvelle du décès de son chef. D’après lui, M. Layton était un « leader très humain » qui « n’acceptait pas qu’il y ait des sans-abri au Canada. »

« La vague orange, c’était Jack », a-t-il résumé en parlant de la percée historique de son parti aux élections du 2 mai.

Ébranlé, le leader autochtone Roméo Saganash et député de la région de l’Abitibi-Baie James, s’est dit triste de perdre « un grand ami » et « un homme d’envergure » qui avait fini, à force d’insister, de le convaincre à faire le saut en politique.

Jour de «grande tristesse», le plus jeune député de l’histoire, Pierre-Luc Dusseault, élu député néo-démocrate de Sherbrooke à l’âge de 19 ans, a reconnu que M. Layton avait grandement contribué à l’élection de plusieurs députés. Il faut maintenant continuer son combat à la Chambre des communes.

Layton avait grandement contribué à l’élection de plusieurs députés et veut maintenant continuer son combat à la Chambre des communes.

«Nous lui devons beaucoup. Si nous sommes là, c’est en partie grâce à lui. C’est une raison de plus pour le rendre fier de nous, surtout s’il peut voir ce qui se passe ici. C’est à nous de poursuivre le travail et de ne pas le décevoir.»

Les réactions des néo-démocrates

Nycole Turmel: chef intérimaire du NPD: « Aujourd’hui, les néo-démocrates pleurent la mort d’un grand Canadien. Jack était un homme courageux. C’est son leadership qui nous a inspirés, moi et tant d’autres, à nous présenter en politique. »

Guy Caron, président du caucus québécois: « C’est la première fois en 15 à 20 ans au Québec et au Canada, qu’on a vu quelqu’un d’aussi rassembleur. »

Pierre-Luc Dusseaul, plus jeune député de l’histoire, élu à Sherbrooke à 19 ans: « Nous lui devons beaucoup. Si nous sommes là, c’est en partie grâce à lui. »

Roméo Saganash: député d’Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou: « Il m’a souvent consulté sur les questions autochtones au pays. J’ai été honoré de pouvoir servir ne serait-ce que ce petit moment avec lui en Chambre et d’être assis derrière lui. C’est une marque de confiance et d’honneur qu’il m’a fait. »

Yvon Godin, député d’Acadie-Bathurst: « La vague orange, c’était Jack. »

Hoang Mai, député de Brossard-La Prairie: « Nous allons multiplier nos efforts pour continuer le travail de Jack. Il nous a appris que dans la vie, tout est possible. »

Pierre Dionne-Labelle, député de Rivière-du-Nord: « Jack a apporté un vent d’espoir, d’authenticité et d’humilité devant la tâche politique. »

Mylène Freeman, députée d’Argenteuil-Papineau-Mirabel: « C’est difficile de voir partir cette force positive. Il était le même en public que le contact que nous avions de lui en personne. Il a su nous mener loin. »

Jean-François Larose, député de Repentigny: « Il nous a transmis un flambeau et une énergie pour poursuivre son combat. »

Manon Perreault, députée de Montcalm: « C’est un jour triste pour l’ensemble du Canada. »

Francine Raynault, députée de Joliette: « Il laisse en héritage le goût de travailler pour les autres. »

Sylvain Chicoine, député de Châteauguay St-Constant: « Nous étions plusieurs à lui dire de prendre son temps. On doutait qu’il ne puisse revenir aussi rapidement. »

Sadia Groguhé, députée de Saint-Lambert: « Nous avons perdu un grand chef et un grand homme politique qui a su donner et qui, malgré sa disparition, continuera à donner un message d’espoir et de rassemblement. »

Alexandre Boulerice, député de Rosemont-La Petite-Patrie: « Il a été une inspiration de son vivant comme homme politique. C’est une perte immense, mais il va continuer à être une inspiration pour tous les progressistes, les Québécois et les Canadiens. »

Rosane Doré-Lefebvre: député d’Alfred-Pellan: « Jack nous a enseigné à ne pas lâcher. »

Alain Giguère: député de Marc-Aurèle Fortin: « Vendredi dernier, j’étais à Ottawa. On n’avait pas de nouvelles de lui. On savait qu’il se soignait, mais rien d’autre. D’apprendre ça trois jours plus tard, c’est assez consternant. Je ne m’attendais pas à une issue fatale. Vraiment pas. »

Raymond Côté, député de Beauport-Limoilou: « Nous sommes tous en deuil. Jack Layton était notre chef et notre source d’inspiration. »

Alexandrine Latendresse, députée de Louis-Saint-Laurent: « C’est la personne qui est venue nous montrer que la politique pouvait être différente, être vraie et humaine. Alors, c’est très difficile, mais c’est important de continuer et d’honorer sa mémoire. »

Anne-Marie Day, députée de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles: « Ça fait très mal, parce que c’est un membre de notre famille qui vient de mourir. Mais nous sommes une équipe de députés à marcher sur ses traces et nous sommes convaincus qu’il avait raison. »

Annick Papillon, députée de Québec : « Devant un homme qui garde le sourire jusqu'à la fin, on se doit de lui remettre ce sourire-là et de garder confiance. »



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