La Commission scolaire de Montréal (CSDM) agrandira l'une de ses écoles sur le terrain d'un des seuls espaces verts de Parc-Extension, à la fureur de plusieurs citoyens.
«C'est inacceptable dans un quartier qui manque autant d'espaces verts. Je sais que le terrain appartient à la CSDM, mais c'est notre parc à nous aussi, les citoyens», tonne Serge Mongeau.
L'écrivain et ex-candidat de Québec solidaire n'en démord pas: il faut «sauver» le parc de l'école Barclay, situé sur la rue Wiseman dans Parc-Extension.
Il y a quelques mois, la CSDM a obtenu l'autorisation de Québec pour agrandir cette petite école primaire, aux prises avec un important problème de surpopulation.
La première esquisse, dévoilée ce printemps, a suscité un véritable tollé au sein des habitants du quartier, puisqu'on prévoyait alors accroître la superficie de l'école sur l'ensemble du terrain vert.
Devant la colère des citoyens, la commission scolaire a modifié ses plans et l'école ne devrait empiéter finalement que sur un quart du parc.
Mais pour la Coalition des amis du parc Barclay, c'est encore trop.
Une question de santé publique ?
«Nous sommes dans un quartier très défavorisé en matière de santé publique, plaide la porte-parole Valérie Bloch. C'est le seul parc du quartier. Nous en avons besoin.»
Mme Bloch, qui possède une formation en médecine et qui est diplômée en santé publique, soutient que la perte d'une partie du terrain pourrait avoir des effets «désastreux» sur la population de Parc-Extension.
«Notre quartier n'est pas l'endroit où l'on respire l'air le plus pur, ironise-t-elle. Beaucoup d'enfants ont des problèmes respiratoires et souffrent d'asthme. Et, même sans ça, ils ont besoin d'un endroit où jouer.»
La Coalition propose à la CSDM de transférer plutôt des élèves à l'école anglophone Sinclair Laird, située à proximité, qui serait à «moitié vide». Mais selon la commission scolaire, les besoins sont trop grands pour se limiter à cette seule solution (voir autre texte).
«On nous dit que toutes les solutions sont envisagées. Mais je ne trouve pas qu'ils se sont beaucoup forcés pour trouver une entente. Nous, on tient mordicus à ce qu'ils ne touchent pas au parc», rage Serge Mongeau.
«Tout ce que l'on veut, dit-il. C'est une vie de quartier agréable et un endroit où les enfants peuvent jouer, en toute sécurité.»
L'école Barclay a été construite en 1931. Après avoir été une institution bilingue pendant plusieurs années, elle est devenue entièrement à vocation francophone en 1990, alors que les élèves anglophones ont été transférés à Sinclair Laird.
«Tour le monde a un deuil à faire»
N'en déplaise aux citoyens de Parc- Extension, l'agrandissement de l'école Barclay est «inévitable», jure la présidente de la CSDM, Diane de Courcy.
«Le quartier de Parc-Extension est très populeux. L'école manque de places, les locaux sont vétustes et le gymnase est totalement insuffisant pour satisfaire aux exigences du ministère», martèle Mme De Courcy.
Comme les opposants au projet l'ont demandé, la CSDM envisage d'occuper une partie des locaux de l'école Sinclair Laird.
«Mais ce n'est pas assez. À court terme, nous avons besoin de 14 classes de 20 élèves», explique la présidente de la CSDM.
Cette dernière, qui a accepté de modifier une première fois les plans de l'agrandissement de l'école, promet toutefois de «regarder à nouveau ses chiffres» pour essayer de trouver un accord qui satisferait toutes les parties.
«Mais on va être obligés de toute façon d'occuper une partie de l'espace vert, dit-elle. Tout le monde a un deuil à faire. Pour nous, c'est de notre plan de départ, pour d'autre c'est d'une partie du parc. Mais ce petit espace que nous allons prendre, les citoyens peuvent le récupérer ailleurs. Ce n'est pas dramatique.»
Q: En quoi consiste le projet d'agrandissement ?
R: Le ministère de l'Éducation investira plus de 7,5 M$ dans ce projet qui vise l'ajout de 14 locaux et d'un gymnase double à l'école Barclay, d'ici 2012.
Q: Ces investissements sont-ils nécessaires ?
R: Selon la CSDM, le problème de surpopulation à l'école Barclay est criant. Le mini baby-boom que connaît actuellement le Québec et l'obligation de diminuer le nombre d'élèves par classe sont autant de facteurs qui accentuent cette problématique. Selon la CSDM, 10 000 élèves supplémentaires intégreront le réseau d'ici 10 ans. Par ailleurs, la commission scolaire s'est engagée à reverdir le terrain autour de l'école après les travaux.