Reynaldo Marquez
Le Journal de Montréal
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Des soldats sans bottes de pluie

Reynaldo Marquez
Le Journal de Montréal

Certains des 250 soldats déployés, hier, par les Forces armées canadiennes pour aider les sinistrés des inondations en Montégérie n'avaient pas leurs bottes de pluie à leur arrivée, a constaté le Journal.

Dès leur entrée en poste, des soldats ont patrouillé les rues de plusieurs des 20 municipalités touchées par des inondations historiques, depuis un mois.

Ce déploiement, censé rassurer les sinistrés, a toutefois connu quelques ratés.

En effet, au moins huit soldats nouvellement arrivés dans la municipalité de Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix, la plus durement touchée par la crue des eaux, ont été pris au dépourvu.

Ces derniers n'avaient pas les bottes de pluie nécessaires pour aider les sinistrés.

Pendant toute l'heure que le Journal a passée avec eux, hier après-midi, ces militaires ont marché le long des rangs et des rues inondés, sans pouvoir s'y aventurer.

Au moment de quitter les lieux, en fin de journée, ces militaires n'avaient pas enfilé de bottes et n'avaient toujours pas porté main-forte aux sinistrés.

Problème de logistique

Même un représentant de la Sécurité publique s'est permis d'y aller de son commentaire. «S'ils savaient qu'ils venaient aux inondations, c'est quand même particulier qu'ils n'aient pas eu leurs bottes de pluie», s'est étonné son porte-parole Yvan Leroux.

«Des problèmes de logistique et de distribution d'équipement peuvent survenir, surtout lorsqu'il faut déployer un nombre important de militaires», explique le lieutenant Denis Noël des Forces armées.

«Et de toute façon, les militaires doivent procéder à un travail de reconnaissance avant même de passer à l'action», ajoute le lieutenant Noël.

«Ce n'est pas comme si les militaires pouvaient débarquer déjà tous revêtus de leurs bottes de pluie pour commencer à travailler sur le champ», ajoute-t-il.

Mal préparés

Toujours est-il que plusieurs sinistrés se disent peu étonnés d'apprendre que certains militaires seraient arrivés mal préparés.

«Depuis le début, les militaires ne font rien pour nous. Ils ne sont jamais venus nous porter nos sacs de sable pour fortifier nos digues, samedi dernier», tonne Jocelyne Vallée.

Elle et son conjoint, Marco Beauchemin, ont dû trimbaler 75 sacs de sable de la mairie de Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix vers leur maison de la 39e avenue, qui est submergée par les flots.

«Heureusement qu'on ne s'est pas fiés à eux», explique M. Beauchemin, qui a tenu à se les procurer sans attendre l'aide des soldats.



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