Sébastien Ménard
Le Journal de Montréal
Journal de Montréal

Le plan peut être amélioré, avoue Québec

Intimidation à l'école - Le plan peut être amélioré, avoue Québec

La ministre Line Beauchamp.© Agence QMI

Sébastien Ménard
Le Journal de Montréal

La brûlante question de l'intimidation à l'école s'est transportée à l'Assemblée nationale, hier, où la ministre de l'Éducation Line Beauchamp a été obligée d'expliquer pourquoi le «plan d'action» mis en place par les libéraux pour contrer la violence en milieu scolaire ne donne pas les résultats escomptés.

Les cas d'intimidation à l'école se multiplient, depuis quelques jours. À Asbestos, des élèves auraient versé 150 $ à l'un de leurs amis pour qu'il batte un camarade de classe. En Mauricie, un garçon de 12 ans a grimpé dans un arbre pour fuir des jeunes qui l'intimidaient, a rappelé la députée Monique Richard, lors de la période de questions. C'est sans compter la nouvelle offensive lancée par la Fondation Jasmin Roy, qui a permis d'entendre de bouleversants témoignages de jeunes victimes de taxage et d'homophobie. «Trois ans après le dépôt du plan d'action pour contrer la violence, c'est un échec», a déclaré la députée, en sommant Line Beauchamp d'expliquer «pourquoi elle est incapable de mettre en place des mesures pour protéger nos enfants de la violence à l'école.»

17 M$

Lancé en 2008 et doté d'une enveloppe de 17 M$, le plan d'action contre la violence à l'école connaît des ratés, a révélé le Journal, cette semaine. Seulement le quart des établissements l'auraient appliqué, essentiellement en dressant «un portrait » du phénomène à l'intérieur de leurs murs. «Il faut reconnaître que le plan d'action peut être bonifié, amélioré», a convenu Line Beauchamp, en annonçant qu'il «y aura une [suite]» et «qu'il y aura d'autres argents investis.»

La ministre a toutefois défendu ce fameux plan, en insistant sur le fait qu'il avait permis «d'identifier les épisodes de violence», et leurs «causes», afin de «trouver les bonnes actions» à prendre. «C'est la représentante des directions d'école qui avouait que des directeurs d'école [...] ont exprimé de la résistance dans l'identification des problématiques de violence, a-t-elle ajouté.Cette résistance doit cesser.»

Directeurs d'école

La présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement Chantal Longpré n'a pas apprécié que ces membres soient ainsi critiqués.

«Ça ne nous dérange pas, d'être obligés de calculer le nombre d'interventions violentes dans nos établissements, assure-telle ; mais si, en bout de ligne, on n'a pas les ressources, ça ne nous avance à rien. Ces 17 millions-là auraient sans doute été mieux investis s'ils avaient servi à faire ressortir les bonnes initiatives qui se sont prises dans les écoles afin de les propager.»



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos