MONTRÉAL - Les travailleuses ont jusqu’au 30 mai pour porter plainte si leur entreprise ne respecte leur droit à l’équité salariale.
Pour des milliers de Québécoises, c’est l’occasion de voir leur travail enfin reconnu à sa juste valeur.
Plus de 15 ans après l’adoption de la loi, l’exercice d’équité salariale, auquel étaient soumises toutes les entreprises du Québec comportant plus de 10 employés, s’est achevé le 31 décembre dernier.
Normalement, la discrimination basée sur le sexe devrait faire partie du passé, au Québec. Pourtant, il existe encore des compagnies «délinquantes» dont les agissements doivent être dénoncés, selon la présidente de la Commission de l’équité salariale, Marie Rinfret.
«Si les droits des travailleuses ne sont toujours pas respectés, ces dernières ont jusqu’au 5 mai prochain pour dénoncer en toute confidentialité leur employeur et, ainsi, empocher non seulement l’ajustement salarial, mais aussi les intérêts et une indemnité additionnelle», a-t-elle expliqué.
«Ce sont de grosses sommes, en moyenne des milliers de dollars, qu’une travailleuse peut ainsi aller chercher. C’est important de le faire. Grâce à l’équité salariale, les femmes voient leur travail enfin reconnu à sa juste valeur. Il n’y a plus de discrimination sexuelle au Québec», a ajouté Mme Rinfret.
Pour le moment, on ne connaît pas le nombre d’entreprises qui ne se sont pas encore soumises à la loi sur l’équité salariale, mais la présidente de la Commission promet que les délinquants seront châtiés et même poursuivis.
«On ne veut pas taper sur la tête des employeurs, mais l’équité salariale doit entrer dans les mœurs du Québec», a expliqué Mme Rinfret.
«C’est une loi désolante, mais nécessaire», croit pour sa part la présidente du Réseau des femmes d’affaires du Québec, Ruth Vachon.
«C’est désolant, parce que c’est dommage qu’il faille toujours passer par une loi pour faire respecter les droits de la femme. C’est désolant que l’on doive se battre pour ça en 2011. Les femmes ont fait beaucoup de chemin sur le marché du travail, mais il y en a encore beaucoup d’étapes à franchir.»
Selon un sondage de l’Institut de la statistique du Québec réalisé en décembre 2010, seulement 15,8 % des membres des conseils d’administration des 100 plus grandes entreprises québécoises sont des femmes et 28 % de ces entreprises sont administrées exclusivement par des hommes.
«Oui, nous avons un retard à rattraper. Nous ne sommes pas obligées d’atteindre demain la parité dans tous les domaines, mais on peut faire un petit pas chaque jour. L’équité salariale en est un grand», a ajouté Ruth Vachon.
Le site internet de la Commission de l’équité salariale (www.ces.gouv.qc.ca) propose de nombreuses informations à ce sujet.