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Lock-out

Journal de Montréal: offre acceptée à 64 %

Agence QMI 
26/02/2011 20h17 - Mise à jour 26/02/2011 22h05
Lock-out - Journal de Montréal: offre acceptée à 64 %
Après 764 jours de lock-out, les syndiqués du «Journal de Montréal» ont accepté la dernière offre patronale. 
© Agence QMI

MONTRÉAL – Après 764 jours de lock-out, les syndiqués du «Journal de Montréal» réunis en assemblée générale ont accepté dans une proportion de 64,1 % la dernière offre patronale.

Le comité de négociation des syndiqués avait demandé à ses quelque 229 membres en lock-out d’accepter l'avis du médiateur concernant la proposition patronale.

Celle-ci se résume comme suit: premièrement, une soixantaine d'employés pourraient retourner à l'emploi du journal. Une prime de séparation de 20 millions $, à diviser entre les employés qui perdront leur emploi, serait proposée. Pour les employés qui n'ont pas atteint l'âge de la retraite ou qui n'ont pas cumulé assez d'années d'ancienneté, un pont vers la retraite serait créé. La clause de non-concurrence et l'exigence de fermer «Rue Frontenac» auraient été abolies.

En octobre dernier, les membres du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM-CSN) avaient rejeté la proposition de Quebecor du moment dans une proportion de 89,3 %.

Samedi soir, à l’issue du vote des lock-outés, les porte-parole syndicaux ont tenu une conférence de presse au cours de laquelle ils ont commenté le verdict de leurs membres.

Le président du STIJM, Raynald Leblanc, a dit qu’il s’agissait d’un «jour triste», «d’un jour de deuil». Selon lui, l’issue de ce conflit de travail constitue une «victoire patronale».

Il a ajouté qu'il n’y avait pas d’autre solution que de recommander l’offre aux syndiqués, après un si long conflit.

«Vingt-cinq mois plus tard, c’est assez, il faut que ça arrête, a-t-il dit. Quand tu frappes le mur et que tu vois que tu n’as pas les moyens d’aller chercher autre chose, bien tu dis ok, on recommande.»

De son côté, le conseiller de la Fédération nationale des communications de la CSN, André Fortin, a blâmé la loi antiscab actuelle qui, selon lui, a fait en sorte qu’il a été impossible de garantir un rapport de force entre l’employeur et les syndiqués.

«Présentement, avec le trou dans la loi antiscab, a-t-il affirmé, c’est impossible de se battre contre un empire, parce que les règles ne sont pas les mêmes dans une entreprise de services, une entreprise de nouvelles technologies.»

Il a aussi accusé la population d’avoir manqué de solidarité envers les lock-outés, soulignant notamment que le lectorat du «Journal de Montréal» avait même augmenté durant le conflit de travail.

«Les congédiements et les licenciements sont directement liés aux habitudes du lectorat du Journal de Montréal qui a continué à lire et à acheter même s’il y avait des travailleurs dehors. C’est un manque de solidarité», a-t-il tenu à préciser.

La direction de Quebecor a réagi positivement au résultat du vote des syndiqués, samedi soir.

«Nous sommes satisfaits du vote des membres du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal, a indiqué J. Serge Sasseville, vice-président, Affaires corporatives et institutionnelles, chez Quebecor Media.

Nous acceptons la recommandation du médiateur Jean Poirier. Nous nous assoirons prochainement avec le syndicat pour discuter des modalités du protocole de retour au travail.»

Aucune date n’a donc encore été fixée pour le retour au travail des lock-outés qui conserveront leur emploi en vertu de la recommandation du médiateur.

Le président du syndicat, Raynald Leblanc, a indiqué à ce sujet que le processus en vue de l’établissement d’un protocole de retour au travail «va être assez lourd».



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