Sarah-Maude Lefebvre
Agence QMI

Les contraventions encore en hausse

Stationnement pour personnes handicapées - Les contraventions encore en hausse

Selon des chiffres obtenus par le quotidien 24H auprès de la cour municipale de Montréal, le nombre de constats d’infraction remis à des conducteurs délinquants a augmenté de 7037 en 2009 à 8495 en 2010.© Agence QMI / Archives


Sarah-Maude Lefebvre

MONTRÉAL – Encore une fois à Montréal, le nombre de contraventions remises à des conducteurs garés illégalement dans des stationnements pour personnes handicapées a été à la hausse en 2010; un «manque total de savoir-vivre» dénoncé par de nombreux organismes.

Selon des chiffres obtenus par le quotidien 24H auprès de la cour municipale de Montréal, le nombre de constats d’infraction remis à des conducteurs délinquants a augmenté de 7037 en 2009 à 8495 en 2010.

Ces données regroupent les contraventions données par les agents de stationnement de la Ville ainsi que par les policiers montréalais.

Des statistiques internes du SPVM démontrent d’ailleurs que cette problématique ne date pas d’hier.

En 2007 et 2008, ce sont en moyenne 6700 contraventions par année qui ont été données sur le territoire de Montréal en lien avec une voiture stationnée illégalement dans une zone réservée aux détenteurs d'une vignette pour personnes handicapées.

Ces données ne surprennent pas Éric Lamontagne, avocat chez S.O.S Ticket, un organisme qui offre un service d’expertise en contestation de contravention.

Nous traitons quelques dizaines de cas par année. Les gens ont de la misère à comprendre qu’ils peuvent s’arrêter brièvement dans une zone pour personnes handicapées pour déposer quelqu’un, mais pas s’y arrêter», lance-t-il.

«Un manque de savoir-vivre!»

L’organisme Moelle épinière et motricité Québec, qui s’appelait auparavant l’Association des paraplégiques du Québec, tente depuis plusieurs années de sensibiliser la Ville de Montréal à cette problématique.

De «fausses contraventions», en réalité des tracts encourageant le civisme, ont même été distribuées par des membres de l’organisme l’hiver dernier, afin de «réveiller la population».

«Les statistiques de la Ville ne représentent que la pointe de l’iceberg. Le problème est beaucoup plus grand que ne laisse croire le nombre de contraventions. Ce n’est pas évident, pour des personnes en fauteuil roulant comme moi, de se stationner», explique le porte-parole Nicolas Messier.

Du côté de Keroule, un organisme à but non lucratif qui cherche à rendre le tourisme et la culture accessibles aux personnes à mobilité réduite, on se fait cinglant à l’endroit des automobilistes délinquants.

«C’est un manque total de respect, de courtoisie et de savoir-vivre. Si des stationnements sont réservés à des personnes handicapées, ce n’est pas pour rien», martèle le président André Leclerc.

Des vignettes périmées

À ce problème s’ajoute également celui des fausses vignettes de stationnement pour handicapées ou encore celles qui sont périmées, ajoute ce dernier.

La Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ) se contente d’envoyer une lettre au détenteur d’une vignette expirée et n’entreprend aucune autre démarche même si la vignette ne lui est pas retournée, apprenait 24H en février 2010. Cela fait en sorte qu’un fraudeur peut théoriquement utiliser une vignette périmée pendant plusieurs années.

Selon les données de la SAAQ, il y avait, en 2008, 145 333 vignettes de stationnement pour personnes handicapées au Québec, dont 21 206 étaient temporaires.



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