Attirer de futurs médecins du milieu rural

Médecins

12,7% des étudiants en médecine canadiens viennent de ménages dont le revenu annuel est inférieur à 40 000$ © Archives

Josianne Desjardins

MONTRÉAL – La Fédération des étudiants en médecine du Canada (FEMC) demande à Ottawa la mise en place d’un programme de bourses d’au moins 1000$ par année pour que les futurs étudiants à faible revenu ou qui proviennent des milieux ruraux puissent avoir la chance de postuler dans les diverses facultés de médecine du pays.

Plus de 80 étudiants de la FEMC ont rencontré, lundi, divers représentants politiques à travers le pays pour faire entendre leurs revendications, dont celle de débloquer des fonds pour instaurer un programme de bourses et ainsi, permettre aux futurs étudiants de payer les frais d’application aux universités.

S’appuyant sur une étude réalisée en 2007, la FEMC révèle que seulement «12,7% des étudiants en médecine canadiens viennent de ménages dont le revenu annuel est inférieur à 40 000$» et que «10,8% viennent des régions rurales».

Selon Noura Hassan, vice-présidente en matière d’éducation à la FEMC, ces étudiants sont sous-représentés et «les frais pour se déplacer peuvent être une barrière en soi».

«Il faut leur donner les mêmes ressources que dans les régions urbaines. On le sait, les étudiants qui viennent des régions n’ont pas le même niveau d’exposition qu’en ville. Il faut servir la population de façon plus proportionnelle», a-t-elle expliqué.

Au moins 1000$ par futur étudiant

Cette dernière suggère que cette subvention soit d’au moins 1000$, «sachant que ces frais peuvent aller jusqu’à 5000$».

Même si les frais d’application se situent entre 50 et 100$ d’une faculté de médecine à l’autre, Mme Hassan précise qu’il y a beaucoup d’autres dépenses à prendre en considération.

De plus, la FEMC demande au gouvernement fédéral de financer des programmes de mentorat pour faire davantage connaître la profession aux étudiants des écoles secondaires en région éloignée, par exemple.

Une solution à la pénurie?

Pour Noura Hassan, les transferts réclamés par la FEMC pourraient offrir des solutions concrètes à la pénurie de médecins de famille qui affecte grandement les milieux ruraux.

«Nous pensons que c’est la stratégie la plus efficace, car c’est beaucoup plus probable qu’un étudiant qui provient d’un milieu rural y retourne pour exercer la profession», considère-t-elle.

Sept ans d’étude sont nécessaires pour former un omnipraticien en Québec. Le niveau d’endettement pour ces étudiants se situe autour de 100 000$.


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