Josianne Desjardins
Agence QMI

Euthanasie : Un rapport d’ici l’été ?

Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité - Euthanasie : Un rapport d’ici l’été ?

La vice-présidente de la Commission, Véronique Hivon© Agence QMI / Joël Lemay


Josianne Desjardins

MONTRÉAL – Plus d’un an après le lancement de la Commission sur la question mourir dans la dignité, les organisateurs de cette grande réflexion prévoient produire et déposer un rapport d’ici l’été.

Rencontrée lors des audiences publiques de la Commission à Montréal jeudi, la vice-présidente de la Commission, Véronique Hivon, espère que ce rapport puisse voir le jour d’ici l’été, afin de «dresser le portrait de la situation et de ses enjeux».

Ce rapport sera produit à partir des quelque 300 mémoires et demandes d’intervention qui ont été déposés par différents organismes et intervenants du milieu de la santé à la Commission depuis 2009.

Pour le moment, Mme Hivon soutient que l’euthanasie est «vraiment un débat en soi» et «qu’il faut encore déterminer où se situe le bien commun».

Cependant, si les recommandations et les conclusions du rapport vont en faveur de l’euthanasie, cette dernière précise que «certaines circonstances devront être balisées pour que l’aide médicale à mourir soit offerte».

Légiférer l’euthanasie

En outre, une dizaine d’intervenants ont défilé jeudi à la Commission, dont Me Danielle Chalifoux, une avocate spécialisée dans le droit des aînés, qui croit qu’une réglementation doit être mise sur pied par le parlement provincial afin d’accorder l’euthanasie au gré de l’individu.

«L’aide médicale à mourir est appropriée en tant que soin de santé autant pour le Collège des médecins que le Barreau du Québec. On doit maintenant légiférer le tout», estime-t-elle.

S’appuyant sur le mémoire du Barreau du Québec déposé en septembre, cette dernière considère que «dans les cas où il y a une maladie terminale et que la personne éprouve des souffrances intolérables», elle doit avoir «le droit de choisir le moment de sa fin de vie avec assistance médicale», comme il est stipulé dans le document de 184 pages.

Dans ce même rapport, il est notamment indiqué que «la question de l’euthanasie et de l’aide au suicide ne concerne, selon les expériences étrangères, que 1 à 3 % des citoyens».

L’intérêt public

Selon l’avocate, l’étape de faire respecter le droit de disposer de soi et du «comment on pourrait le faire au niveau de l’intérêt public» est franchie.

«On ne pouvait pas appliquer un droit si la population n’était pas prête à l’accepter. Maintenant, on est rendu à faire une réglementation», juge-t-elle.

Contactée à ce sujet, Hélène Bolduc, présidente de l’Association québécoise de mourir dans la dignité, estime que pour se faire, l’individu doit formuler ses intentions de façon claire et précise dans son testament de vie.

Selon l’horaire de la Commission, sept audiences publiques sont à venir dans les régions de Québec et de Saint-Jérôme d’ici le 24 février.



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