Le modèle syndical québécois remis en question

Travail - Le modèle syndical québécois remis en question

MONTRÉAL - L'Institut économique de Montréal (IEDM) juge que le modèle de syndicalisation au Québec est une «anomalie» comparativement à ce que l'on voit ailleurs dans le monde.

C'est ce qu'affirment Louis Fortin, conseiller en relations industrielles qui enseigne à l'Université McGill, et Michel Kelly-Gagnon, PDG de l'IEDM.

Le document, intitulé Le modèle de syndicalisation québécois: une anomalie à corriger, est rendu public alors que l'Assemblée nationale est fréquemment invitée à faire une mise à jour du Code du travail.

Louis Fortin et Michel Kelly-Gagnon dénoncent trois réalités, la première étant la non-obligation de tenir un scrutin secret sur la syndicalisation si plus de 50% des employés ont signé une carte d'adhésion.

Les deux auteurs déplorent que l'adhésion soit obligatoire une fois que le syndicat est formé. Selon le ministère du Travail, l'adhésion était obligatoire pour 7219 des 8404 conventions collectives en vigueur en 2009, regroupant 73% des salariés.

Enfin, la «formule Rand», qui oblige l'employeur à prélever les cotisations syndicales, dérange aussi l'IEDM. En Europe et aux États-Unis, la part des cotisations qui ne sert pas à négocier la convention collective est facultative, souligne l'organisme.

Ces trois facteurs font en sorte que le Québec est une juridiction plus généreuse que les autres pays occidentaux après une comparaison avec les États-Unis, le Conseil de l'Europe et l'Australie.

MM. Fortin et Kelly-Gagnon estiment que le droit de s'associer est indéniable mais qu'il faudrait qu'un droit de refus existe aussi.

«Il est pour le moins inquiétant qu'un travailleur, qui n'a jamais eu l'occasion de se prononcer démocratiquement sur la création même du syndicat par le biais d'un scrutin secret, se voit forcé de payer une cotisation syndicale et d'adhérer au syndicat sous peine de perdre son emploi», dit M. Fortin.

Michel Kelly-Gagnon croit que le financement intégral des activités syndicales par les cotisations mène à des dérapages.

«Par exemple, la FTQ a choisi en 2003 de faire campagne ouvertement contre un parti politique provincial en utilisant l'argent de ses membres, dont certains appuyaient fort probablement ce même parti.»


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