Gérard Samet
Agence QMI

Les producteurs agricoles seront-ils consultés?

Monopole de l’UPA - Les producteurs agricoles seront-ils consultés?

Gérard Samet

QUÉBEC – Le ministère de l’Agriculture du Québec (MAPAQ) prépare un Livre vert qui définira la politique agricole du gouvernement pour les prochaines années. Un document de travail préalable, remis aux agriculteurs, pose la question de leur représentativité.

« Le texte envisage une large consultation des producteurs agricoles », a indiqué Sylvain Bourassa, le porte-parole du ministre de l’Agriculture. Mais contrairement à ce que plusieurs médias ont indiqué, il ne fait pas état d’un projet de référendum. « C’est aux agriculteurs eux-mêmes de définir comment ils choisissent ceux qui les représenteront dans l’avenir », a précisé M. Bourassa.

Depuis une loi de 1972, c’est l’Union des producteurs agricole (UPA) qui bénéficie du monopole de la représentation des agriculteurs.

Selon Benoit Girouard, le président de l’Union Paysanne, un syndicat agricole qui dénonce ce monopole, « il ne faudrait pas que cette consultation envisagée par le gouvernement soit un référendum, car cela deviendrait rapidement un plébiscite pour ou contre l’UPA. Or quand votre syndicat vous aide financièrement, il n’y a pas vraiment de vote libre ».

L’ancien sous-ministre de l’agriculture, Michel Saint-Pierre, auteur en 2009 du rapport sur le financement de l’agriculture estime qu’ « une consultation ou un référendum sur la représentation des producteurs agricoles ne changera rien. Seule une nouvelle loi pourrait changer la donne, en abrogeant celle de 1972. Le déséquilibre des moyens est trop fort entre l’UPA et ses concurrents potentiels. Il suffit de citer l’influence de l’hebdomadaire « La Terre de chez nous » et son important lectorat.

« Le modèle d’exploitation agricole unique qui était en vigueur au Québec dans les années 70 a fait place à une véritable pluralité d’exploitations, a expliqué M Saint-Pierre. Certains producteurs ont des intérêts spécifiques et ils devraient pouvoir espérer être représentés différemment. Le ministère de l’Agriculture doit laisser la liberté de choix totale aux producteurs, qui doivent être seuls à décider ».

On a sollicité les commentaires des dirigeants de l’UPA, mais ils n’ont pas retourné les appels.



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