QUÉBEC – Le gouvernement du Québec veut renforcer la loi antitabac afin de mieux protéger les jeunes. De nouvelles mesures s'attaqueront à la fumée secondaire et à la contrebande.
S'il n'en tient qu'au gouvernement, les fumeurs ne pourront bientôt plus fumer en voiture lorsque des enfants sont à bord.
«On pense aux enfants, notamment, qui sont plus sensibles, il faut le comprendre. Ils respirent à une fréquence plus rapide, a expliqué le Dr Alain Poirier, directeur national de la santé publique. Les niveaux de concentration dans certains lieux comme dans les voitures sont nettement augmentés.»
La concentration de fumée secondaire est jusqu'à 60 fois plus grande dans un véhicule, selon les plus récentes études. C'est d'ailleurs pourquoi cinq provinces canadiennes interdisent déjà de fumer en voiture avec des enfants.
La Semaine pour un avenir sans tabac porte cette année sur la fumée secondaire. Pour l'occasion, des enfants envoient des messages à leurs aînés.
«Fais attention à ma santé. Toi, tu as décidé de fumer, tu es un adulte, mais moi, je n'ai pas décidé de respirer ta fumée secondaire, alors respecte-moi», dit Mireille Deyglun, porte-parole de la Semaine pour un avenir sans fumée, pour résumer ces messages.
Un peu plus de 20 % des Québécois fument encore. En offrant de bas prix sur le marché noir, la contrebande de cigarettes nuit aux efforts, et ce particulièrement auprès des jeunes.
«On commence à 12, 13, 14 ans quand on n'a pas d'argent, quand on n'a pas de revenus stables dans la majorité des cas. C'est quatre fois plus important, cette courbe, cet effet-là entre le prix et la consommation chez les jeunes que chez les adultes», a dit le Dr Poirier.
Les lois ont toutefois eu un effet concluant : les habitudes des fumeurs ont changé depuis l'interdiction de fumer dans les bars et les restaurants.
«71 % des Québécois fumeurs avaient diminué leur consommation de tabac lorsqu'ils sortaient dans les bars. Et cette consommation était passée de 11 à 5 cigarettes en moyenne», a mentionné Mario Bujold, du Conseil québécois sur le tabac et la santé.
Selon le Dr Poirier, il reste toutefois beaucoup de travail à faire. «Il ne faut pas se fermer les yeux et dire que c'est un produit comme les autres. Ce n'est pas un produit comme les autres. Il est légal, mais par défaut. C'est pour ça qu'il faut avoir une loi qui, constamment, va nous emmener vers un monde sans fumée», indique-t-il.
Après des années de lois, de campagnes et de sensibilisation, le Québec compte aujourd'hui 1,5 million de fumeurs.