Brian Lilley
Agence QMI

Le gouvernement garde le silence


Brian Lilley

OTTAWA – Une importante agence du gouvernement fédéral a procédé à de nombreuses mises à pied, mais refuse de rendre public le nombre d’emplois supprimés.

Un des employeurs principaux du gouvernement fédéral, Ressources humaines et Développement des compétences Canada est responsable de tout ce qui a trait entre autres aux pensions, à l’assurance-emploi, à la formation et aux paiements de la prestation fiscale canadienne pour enfants.

L’Agence avait embauché des milliers d’employés supplémentaires au début de la récession pour accélérer le traitement des demandes d’assurance-emploi, mais depuis ce temps, plusieurs postes temporaires ont été supprimés.

Le budget fédéral de 2009 a apporté plusieurs changements au système d’assurance-emploi, notamment l'introduction du travail partagé et le prolongement de la période de prestations, juste au moment où explosait le nombre de postulants à l’assurance-emploi.

«L’Agence a embauché et formé plus de 3000 employés pour assurer une réponse efficace au nombre en plein essor de demandes d’assurance-emploi», peut-on lire dans une note de service interne obtenue en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.

Entre le mois d’octobre 2008, lorsque le taux d’emploi a atteint un sommet au Canada, et le mois de février 2009, lors de l’application du budget fédéral, quelque 295 000 personnes se sont retrouvées sans emploi.

Une demande officielle d’accès à l’information visait à déterminer le nombre de ces employés supplémentaires toujours à l’emploi du gouvernement et le nombre de ceux qui ont été mis à pied. La réponse à la requête contenait 447 pages, pour la plupart blanches, et l’on avait retiré de toutes celles qui contenaient de l’information les données les plus importantes, soit les chiffres.

Les documents indiquent bien que plusieurs employés qui travaillaient sous des contrats renouvelables de 30 jours ont été libérés, mais toutes les mentions du nombre exact de ces mises à pied en ont été biffées.

La seule information à cet effet qui n’a pas été caviardée dans le document est celle qui a été communiquée à des directeurs en vue de communications aux médias pour répondre aux questions sur le sujet.

«Par le biais du Plan d’action économique du Canada, Service Canada a mis sur pied une stratégie globale visant à faire face à une augmentation sans précédent de la charge de travail. Cette stratégie comprenait l’embauche d’effectifs temporaires», peut-on lire dans les documents réservés aux médias.

«Maintenant que l’économie commence à montrer des signes de reprise, nous n’avons plus besoin de plusieurs de ces employés temporaires. Les contrats de certains de ces employés arrivent à terme et ne seront pas renouvelés.»

Les documents témoignent des efforts remarquables déployés par l’Agence pour guider les directeurs dans leurs réponses aux questions portant sur les mises à pied.

L’Agence affirme que la publication du nombre exact de mises à pied violerait notamment la politique de confidentialité du cabinet.

Selon une étude récente sur la gestion du droit à l’information en Grande-Bretagne, en Australie, au Canada, en Irlande et en Nouvelle-Zélande, le Canada se classe bon dernier en matière d’efficacité du système.



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos