Khadir ne regrette pas son appel au boycott

Plateau Mont-Royal - Khadir ne regrette pas son appel au boycott

Le député de Québec Solidaire a appelé au boycott du commerce familial de M. Archambault, sous prétexte qu'on y trouvait quelques modèles d'une marque de chaussures israéliennes.©Mathieu Turbide/ Journal de Montréal


Mathieu Turbide

Embarrassé par sa présence active à une manifestation incitant au boycott d'un petit commerçant de sa circonscription, le député Amir Khadir a tenté de s'expliquer, hier, en invoquant un «terrible malentendu» entre lui et le marchand de chaussures Yves Archambault.

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Samedi dernier, le député de Québec Solidaire s'est rendu devant la boutique Le Marcheur de la rue Saint-Denis pour distribuer des tracts appelant au boycott du commerce familial de M. Archambault, sous prétexte qu'on y trouvait quelques modèles d'une marque de chaussures israéliennes.

En entrevue au Journal, le marchand s'est dit «horripilé » de se voir ainsi harcelé et intimidé par son propre député.

«C'est un terrible malentendu, s'est défendu le député au micro de Benoît Dutrizac de FM 98,5. Je vais aller le voir pour lui dire que je ne veux pas lui nuire. Je veux juste qu'on fasse un bout de chemin ensemble pour voir comment on peut régler ce problème-là», a-t- il répondu.

Israël «pire» que la Chine

Ce «problème-là», aux yeux du député, ce sont les politiques du gouvernement israélien, qu'il accuse d'imposer un «apartheid» au peuple palestinien. M. Khadir a dit croire que des boycotts comme celui de la boutique Le Marcheur pourront mener à la fin de cette situation, comme ce fut le cas pour l'Afrique du Sud, dans les années 1980.

«J'ai une mauvaise nouvelle pour vous, Amir Khadir, a répliqué l'animateur. Ce n'est pas en manifestant devant la boutique Le Marcheur de la rue Saint- Denis que ça va changer.»

«C'est des petits gestes partout...», a répondu M. Khadir.

Le député ouvre d'ailleurs la porte au boycott d'autres commerces qui pourraient vendre des produits israéliens. «Si vous en trouvez d'autres, il faudra appeler les gens de la campagne de boycottage et on va faire la même chose. Il n'est pas question de discriminer. Il est question d'encourager tout le monde à poser un geste responsable», a-t-il indiqué.

À son avis, Israël doit être boycotté, davantage que la Chine, par exemple, car c'est un pays «excessivement fort».

«En Israël, il y a un état d'apartheid. En Chine, on n'en est pas rendu là. On ne parle pas de la même chose», a-t-il dit, sans mentionner que la Chine, pays totalitaire non démocratique, occupe le Tibet par la force et fait des exécutions sommaires.

Le marchand intimidé

Changeant de ton, Amir Khadir a soutenu être prêt à «encourager les gens à aller dans la boutique (Le Marcheur) pour acheter autre chose que des produits israéliens».

Or, le propriétaire du Marcheur est catégorique : le député incitait verbalement les clients à ne pas entrer dans son magasin.

Lors de la manifestation de samedi, le député, accompagné d'autres manifestants, a demandé au marchand de sortir de sa boutique pour venir discuter avec eux.

Selon M. Archambault, le contexte était plutôt intimidant. «Il m'a interpellé et il m'a dit : "C'est vous, le propriétaire ?" Moi, j'ai dit que non, mais son copain à côté de lui a dit "oui, oui, c'est lui le propriétaire". Alors Khadir m'a dit : "Venez donc dans la rue, on va discuter ensemble". J'ai dit non et il m'a dit : "Moi, je n'entre pas dans votre commerce." Mais je ne suis pas allé discuter avec lui, car je savais que ce serait peine perdue.»


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