Le Québec champion des économies en santé

Politique - Le Québec champion des économies en santé

Ce sont les salaires des médecins qui feraient grimper les coûts.© Agence QMI / Archives


Sarah-Maude Lefebvre

Dernière mise à jour: 28-10-2010 | 15h41

Malgré les critiques qui lui sont régulièrement adressées, le système de santé québécois serait l’un des plus performants au pays en matière de contrôle des dépenses.

C’est également dans la Belle Province que l’on retrouve le plus grand nombre de médecins au Canada, dévoile une étude de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS).

Selon le rapport «tendances des dépenses nationales de santé, 1975 à 2010», le Québec et la Colombie-Britannique sont les provinces qui dépenseront le moins en soins de santé par habitant en 2010, avec respectivement 3341 $ et 3544 $.

Les deux provinces sont ainsi à contre-courant du reste du pays puisque les dépenses totales de santé devraient atteindre 191,6 milliards $ au Canada cette année, soit une hausse estimée à 9,5 milliards $ (5,2 %) par rapport à 2009. Une fois les effets de l’inflation et de la croissance de la population pris en compte, le Canada se retrouve avec une augmentation de ses frais en santé estimée à 1,4 % en 2010, soit le taux de croissance annuel le plus faible en 13 ans.

Chef de file?

«Plusieurs facteurs expliquent pourquoi le Québec fait mieux que les autres provinces en matière de contrôle de ses dépenses. En autres, les salaires des employés du réseau de la santé sont traditionnellement moins élevés que dans le reste du pays», explique Jean-Marie Berthelot, vice-président des programmes à l’ICIS.

Néanmoins, le Québec réussirait à «mieux contrôler ses dépenses, tout en ayant le taux le plus élevé au pays d’infirmières et de médecins au pays», confirme M. Berthelot.

Par exemple, selon des chiffres de l’ICIS datant de 2008, on retrouverait dans la province 107 médecins spécialisés par tranche de 100 000 habitants, comparativement à 95 pour 100 000 dans le reste du Canada.

Aussi, le Québec comporte 12 médecins de famille de plus que la moyenne nationale par 100 000 habitants, pour un total de 113.

Ce rapport de l’ICIS a surpris plusieurs acteurs du milieu de la santé.

«Bravo, mais pourquoi a-t-on alors moins accès aux soins de santé que dans les autres provinces? Nous avons pourtant un plus grand nombre de médecins. C’est donc que ce n’est pas nécessairement le nombre qui est un obstacle, mais plutôt la bureaucratie entre le médecin et le patient», déclare Paul Brunet, du Conseil pour la protection des malades.

Quant à elle, la Fédération des omnipraticiens du Québec remet carrément en question les chiffres présentés par l’ICIS.

«On ne peut pas se fier uniquement sur des ratios pour évaluer l’effectif médical au Québec. Il y a plus de médecins au Québec, mais ils passent environ 43 % de leur temps dans les hôpitaux et 57 % dans leur clinique, c’est ce qui explique la pénurie. Si les activités des médecins étaient moins larges, la pénurie serait différente», nuance le président, le docteur Louis Godin.

Qui fait grimper la facture?

Fait intéressant, le vieillissement de la population n’aurait pratiquement pas d’impact sur la facture canadienne en santé.

La part des dépenses destinées aux personnes âgées n’aurait en effet pas changé de façon significative en 10 ans, puisqu’elle est passée de 43,6 % en 1998 à 43,8 % en 2008.

Ce sont plutôt les salaires des médecins qui font grimper les coûts.

«Pour la quatrième année consécutive, l’augmentation des dépenses consacrées aux médecins surpasse celle des dépenses consacrées aux hôpitaux et aux médicaments; elle devrait atteindre 6,9 % cette année», peut-on lire dans le communiqué de l’ICIS.

Par ailleurs, avec ses dépenses de 4 079 $ US par habitant, le Canada occuperait le cinquième rang des pays de l’OCDE en matière de dépenses de santé, bien derrière les États-Unis (7538 $ US), mais devant l’Allemagne (3737 $ US) et la France (3696 $ US).


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