Modèle québécois vilipendé

Réseau Liberté-Québec - Modèle québécois vilipendé

Acclamé par une foule acquise d’avance, l’animateur de radio Jean-François « Jeff » Fillion a conseillé aux membres du RLQ de ne pas utiliser le terme « droite » s’ils jugent que le mot fait trop peur aux gens. © Agence QMI

QUÉBEC - Qualifié de « sclérosé » et de « bureaucratique », le modèle social-démocrate québécois des 40 dernières années a été unanimement vilipendé par 459 militants de droite réunis, samedi, dans le secteur de Sainte-Foy.

Dans un événement qui a pris les allures d’une démonstration de force, le Réseau Liberté-Québec (RLQ) a réussi à attirer des centaines de personnes venues imaginer un Québec « débarrassé » des influences des mouvements syndicaux et écologistes.

Quand les chercheurs écriront l’histoire du Québec, les 40 dernières années « auront peut-être été un malheureux écart de conduite », a espéré Joanne Marcotte, une des initiatrices de cette nouvelle boîte à idées (think tank) de la droite québécoise. Mme Marcotte a appelé de ses vœux l’émergence d’une droite québécoise « fière, forte et organisée ».

Jeff Fillion, présent

Acclamé par une foule acquise d’avance, l’animateur de radio Jean-François « Jeff » Fillion a conseillé aux membres du RLQ de ne pas utiliser le terme « droite » s’ils jugent que le mot fait trop peur aux gens. À cause de la « job de bras » des médias qui ont traîné ce vocable dans la boue, les militants devraient user d’images et d’expressions « plus simples », a-t-il ajouté.

Ezra Levant, un des ténors de la droite conservatrice canadienne, a prononcé un discours enflammé en anglais. Ce tribun s’est félicité de « l’énergie » et de la jeune moyenne d’âge des militants réunis à Québec.

Il a par ailleurs avancé que les sables bitumineux canadiens, qui ont généralement mauvaise presse, sont bien plus « féministes » que l’énergie exportée de pays peu connus pour leur respect des libertés, comme l’Arabie saoudite, le Venezuela ou l’Iran.

L’ombre de Legault

L’ombre de François Legault a plané sur les discussions du RLQ, même si le possible initiateur d’un nouveau mouvement politique a décliné l’invitation pour être présent sur les lieux.

Ainsi, le député indépendant Éric Caire a affirmé que « la droite au Québec a besoin de se donner un véhicule commun » qui ne peut plus être l’ADQ, dont « le nom est attaqué mortellement ». L’autre député indépendant Marc Picard − ancien de l’ADQ lui aussi − est allé encore plus loin. « Si M. Legault me fait signe, je suis intéressé par les idées qu’il véhicule », a-t-il admis.

Appelé à commenter ces oraisons funèbres de son parti, Gérard Deltell a tenu à dire que l’ADQ « est toujours là dans les débats plus que jamais » et qu’elle « tiendra toujours le discours de centre droite contre vents et marées ».

Le chef adéquiste a refusé de préciser s’il discutait ou non avec M. Legault. « Pour le moment, on n’en est pas là du tout », a-t-il répondu lorsqu’un journaliste l’a interrogé quant à une possible fusion entre sa formation et un éventuel parti politique mené par l’ex-ministre péquiste.


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