Les frais de scolarité préoccupent bon nombre d’étudiants, particulièrement ceux qui ne bénéficient pas d’un budget adéquat et d’un plan financier. Selon une récente enquête, 40 % des étudiants du pays craignent de ne pas avoir suffisamment d’argent pour répondre à leurs besoins pour le reste de l’année.
Environ 81 % des étudiants de niveau postsecondaire admettent qu’il est important d’avoir un budget, mais moins de la moitié d’entre eux disent en avoir fait un, selon un sondage de la Banque de Montréal (BMO).
Les étudiants de la Colombie-Britannique étaient les plus préoccupés à l’idée de ne pas avoir suffisamment d’argent pour terminer l’année scolaire, à 52 %, tandis qu’au Québec, seulement 27 % des étudiants sondés ont dit craindre de ne pas pouvoir joindre les deux bouts cette année.
Les résultats ont été dévoilés à l’occasion de la Semaine de la planification financière, alors que plusieurs enquêtes ont fait état cette semaine d’une gestion budgétaire déficiente dans les ménages canadiens, et ce, tant pour l’éducation des enfants, l’achat d’une voiture que pour la planification de la retraite.
Une étude menée par la Financial Planning Standards Council (FPSC) et publiée cette semaine révèle que moins de 20 % des Canadiens ont fait leurs devoirs en matière de planification financière.
«Durant le long week-end de l’Action de grâce, de nombreux étudiants retourneront à la maison familiale pour la première fois depuis le début de l’année scolaire. Ce sera une bonne occasion pour les étudiants et leurs parents de revoir leurs finances ensemble, a déclaré le vice-président de BMO, Su McVey. Alors que l’étude démontre clairement la nécessité [pour ces étudiants] d’avoir recours à des conseillers financiers, il n’est pas trop tard pour remettre les choses sur la bonne voie.»
Près de 47 % des étudiants interrogés ont affirmé de ne pas avoir discuté de leur situation financière avec qui que ce soit avant d’entreprendre des études au collège ou à l’université.
La majorité de ceux qui se sont dotés d’un budget estiment qu’ils devront faire des ajustements au cours de leurs études. Au Québec, près de 80 % de ces étudiants soutiennent qu’ils devront réévaluer leurs finances et ajuster leur budget d’ici la fin de l’année scolaire.
Les filles étaient plus nombreuses que les garçons à savoir exactement quels étaient leurs dépenses et leurs revenus, à 48 %, contre 39 % pour les étudiants masculins.
L’endettement étudiant dans l’ensemble du Canada a dépassé 15 milliards $, selon la Fédération canadienne des étudiantes et des étudiants, alors que les coûts continuent d’augmenter.
En effet, les frais de scolarité dans les universités ont augmenté de 3,6 % l’an dernier, atteignant en moyenne 4917 $ par année, tandis que les autres frais obligatoires ont augmenté de 6,8 %, grimpant à 749 $ en moyenne, selon les chiffres de Statistique Canada.
Le ratio des dettes des ménages par rapport à leurs revenus disponibles était en moyenne de 143,7 % en septembre, selon Statistique Canada. Ce niveau très élevé a sonné l’alarme auprès de la Banque du Canada et du gouvernement quant à la mince marge de manœuvre des familles lorsque les taux d’intérêt sont en hausse (après avoir atteint des bas records).
Une enquête distincte menée par le Groupe Financier Banque TD, publiée mercredi, laisse croire que les Canadiens ont pris conscience de l’importance d’épargner.
La vaste majorité des Canadiens appartenant à la génération X (32 à 43 ans), soit plus de quatre sur cinq, ont affirmé qu’ils auraient dû être plus responsables financièrement lorsqu’ils étaient jeunes.
En conclusion de cette enquête, la Banque TD suggère notamment d’éviter de s’endetter en retardant certains achats jusqu’à pouvoir les payer en espèces, de commencer à investir tôt, ainsi que de mettre de côté au moins 10 % de son salaire.
Le sondage de BMO a été réalisé par Léger Marketing en septembre, tandis que l’enquête TD a été réalisée par Environics et se base sur plus de 660 questionnaires remplis entre le 15 et le 22 septembre.