Force Québec prend forme

Québec - Force Québec prend forme

François Legault© Agence QMI

Mathieu Turbide
Journal de Montréal

La rumeur circule depuis plusieurs mois. Elle prend maintenant forme. L'ex-ministre péquiste François Legault prendra la tête d'un mouvement politique qui pourrait fort bien se transformer en parti politique, à temps pour les prochaines élections.

Selon ce que Le Journal de Montréal a appris auprès de plusieurs sources, François Legault a approché des dizaines de personnes afin de les convaincre de monter à bord.

Le nouveau mouvement, selon TVA Nouvelles, prendra le nom de Force Québec.

Pour le moment, il ne s'agit que d'un groupe de réflexion, mais il n'est pas exclu que le mouvement devienne un parti politique.

François Legault a organisé plusieurs rencontres, des rencontres individuelles, mais aussi plusieurs réunions de groupe afin d'asseoir les bases idéologiques de ce nouveau groupe.

Selon ce que nous avons appris, Force Québec articulera ses idées autour de quatre grands thèmes : l'économie, la santé, l'éducation et la culture.

Le mouvement, qui se positionnera à droite de l'échiquier politique, serait composé de souverainistes et de fédéralistes, qui se sont mis d'accord pour mettre de côté la question nationale, le temps de régler les problèmes pressants du Québec.

Pas seul

«François Legault n'est pas seul dans ce mouvement-là. Ils sont nombreux à se promener à Montréal et ailleurs au Québec pour rencontrer et approcher des gens», nous a confimé une source.

Le nom qui revient le plus souvent est celui de Joseph Facal, lui aussi ex-ministre péquiste, qui enseigne aux HEC en plus de signer une chronique dans Le Journal de Montréal.

Dans plusieurs récentes chroniques, M. Facal a effleuré la question de cette éventuelle nouvelle voie, un pari «pas impossible, mais loin d'être gagné d'avance». «Vous imaginez le PLQ disant aux entrepreneurs en construction que le party est fini ? Vous imaginez le PQ affrontant les syndicats ? Il le fit, il y a presque trente ans, et il s'en rappelle encore.»

M. Legault a aussi approché, sans pour autant les convaincre, le Dr Gaétan Barrette (président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec), Michael Fortier (ex-ministre conservateur au fédéral), Charles Sirois (ex-président de Teleglob et Microcell) et Jean-Herman Guay (professeur à l'Université de Sherbrooke).

Jean-Herman Guay, qui a suggéré au PQ de laisser de côté l'option souverainiste en 2003, a décliné l'offre de François Legault.

«M. Legault m'a approché. Ils m'ont consulté. Mais ma passion première, c'est l'enseignement et l'analyse politique. J'adore ce travail et je vais continuer à le faire», a-t-il dit, tout en précisant être d'accord avec certaines de leurs idées et en désaccord avec d'autres.

Des proches de l'ex-ministre fédéral Michael Fortier nous ont indiqué qu'un retour en politique était «hautement improbable» pour lui.

«Il vient d'accepter un nouvel emploi comme vice-président du conseil de la division des capitaux de la Banque Royale. C'est un père de famille de six enfants. Je ne pense pas qu'il aurait le temps pour ce projet», nous a-t-on dit.

L'ADQ ouvre la porte

Le porte-parole de l'ADQ, Sébastien Lépine, avoue que son chef, Gérad Deltell, est ouvert à la discussion avec le groupe de François Legault. «On est certainement ouverts à discuter. On a des idées en commun avec eux. On ne ferme pas la porte», a-t-il dit, tout en soulignant que c'était d'abord une mauvaise nouvelle pour le PQ, puisque les deux ténors de ce mouvement sont d'ex-ministres péquistes.


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