Le métro de Montréal, une cible potentielle pour les terroristes

Montréal - Le métro de Montréal, une cible potentielle pour les terroristes

Métro de Montréal.© Archives


Éric Thibault

MONTRÉAL - «Montréal pourrait être une cible d’attentats terroristes», particulièrement en raison de son métro, «un générateur de risque important» qui rend la ville «très vulnérable».

C’est sans détour que le SPVM pose ce constat dans son rapport interne Lecture de l’environnement du service de police de la ville de Montréal 2010, dont l’Agence QMI a obtenu copie. Voilà une réalité qu’est venue rappeler, le mois dernier, l’arrestation d’une cellule de terroristes présumés dans la région d’Ottawa, qui auraient notamment eu le métro de Montréal dans leur mire.

«Montréal doit se préparer adéquatement puisque la ville compte des infrastructures qui font partie des cibles habituellement privilégiées par les terroristes. (...) À ce titre, la concentration d’infrastructures économiques, scolaires et de transport, ainsi que les fréquents regroupements populaires font en sorte que Montréal pourrait être une cible d’attentats», écrivent des spécialistes du service de développement stratégique du SPVM.

Le métro apparaît en tête de lice de leurs préoccupations. «Le réseau souterrain le plus grand et le plus complexe du monde est situé au centre-ville de Montréal. L’interconnexion entre le métro, le réseau souterrain et les édifices en hauteur est complète. Cet environnement très vulnérable constitue un générateur de risque important.»

«Porte d’entrée» potentielle

L’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, les consulats (on en retrouve plusieurs dizaines à Montréal), de même que le réseau de transport en commun desservant la région «sont également des cibles habituellement visées par des attentats».

«Cela est sans compter que Montréal, qui est relativement proche des grandes villes de la côte Est des États-Unis, peut aussi servir de porte d’entrée à des terroristes compte tenu de la présence de l’aéroport et du port de Montréal», ajoute-t-on dans ce rapport d’analyse.

Le corps policier travaille donc à « sécuriser les générateurs de risques et les cibles potentielles ». Ainsi, «la présence policière et les exercices de simulation d’urgence prennent une grande importance».

«Ressources considérables»

Le SPVM, auquel incombe la responsabilité d’assurer la lutte au terrorisme sur son territoire, fait valoir qu’elle a dû y investir «des ressources considérables» ces dernières années. Notamment la formation d’«une équipe dédiée spécifiquement aux mesures d’urgence et à l’antiterrorisme», l’achat d’«équipement coûteux», le développement de programmes de formation «touchant l’ensemble du personnel», ainsi que la direction d’un comité visant à «améliorer l’état de préparation des intervenants» de la ville face à pareille menace.

La Société de transport de Montréal affirmait, le mois dernier, ne pas disposer de renseignement laissant croire que le métro était visé par les présumés terroristes appréhendés à Ottawa lors du projet Samossa de la GRC.

Mais un ex-agent du SCRS et de la GRC, Michel Juneau-Katsuya, a déclaré le contraire, disant tenir l’information d’une source proche de l’enquête. Selon lui, le transport en commun est d’ailleurs «la cible préférée des terroristes», ayant été visé par «plus de 350 attentats» dans le monde depuis le début des années 2000.


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