Liens étroits entre libéraux et l'industrie

Gaz de schiste - Liens étroits entre libéraux et l'industrie

Encore ce vendredi, un quotidien montréalais révélait que le Groupe GVM, l'entreprise d'un ami de Jean Charest, François Pilote, a obtenu un contrat de lobbying de la compagnie gazière albertaine Talisman.© Agence QMI


Texte: TVA Nouvelles et Agence QMI

À Québec, l'opposition soupçonne le gouvernement Charest de servir d’abord les intérêts des entreprises gazières avant ceux de la population dans le dossier des gaz de schiste.

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«Je vous avoue que la question se pose! lance Bertrand St-Arnaud, leader parlementaire adjoint du Parti québécois. On se demande: est-ce que ce gouvernement est à la solde de l'industrie gazière au Québec?»

Selon le Parti québécois, le grand nombre de sympathisants libéraux recrutés par l'industrie des gaz de schiste envoie des signaux inquiétants.

Encore ce vendredi, un quotidien montréalais révélait que le Groupe GVM, l'entreprise d'un ami et ancien conseiller politique de Jean Charest, François Pilote, a obtenu un contrat de lobbying de la compagnie gazière albertaine Talisman.

C’est le vice-président aux affaires publiques de GVM, Daniel Grenier, qui agira comme lobbyiste auprès du gouvernement dans ce dossier. Il a lui-même déjà été chef de cabinet au ministère du Tourisme sous le règne libéral.

L'Association pétrolière et gazière du Québec a aussi embauché comme directeur général Stéphane Gosselin, qui travaillait jusqu'à vendredi dernier pour le ministre du Développement économique, Clément Gignac.

Une industrie sous surveillance

Depuis plusieurs mois déjà, le commissaire au lobbyisme surveille d’ailleurs de très près l’industrie émergente du gaz de schiste.

«Il y a une espèce de deuxième phase de surveillance qui est faite, explique Me François Casgrain, commissaire au lobbyisme. On leur a expliqué c'est quoi, la loi: s'assurer que, si jamais ils faisaient du lobbyisme, il fallait qu'ils soient inscrits, etc. On a amené plusieurs entreprises à inscrire des lobbyistes.»

La loi fixe un délai d’un an pour le personnel politique et de deux ans pour un ministre ou un maire avant de pouvoir pratiquer des activités de lobbyisme après avoir quitté des fonctions politiques.

Le gouvernement Charest a fait savoir qu’il faisait confiance au commissaire au lobbyisme pour s’assurer que les représentations se fassent dans les règles.

Mais le nouveau ministre de l’Environnement, Pierre Arcand, précise que le gouvernement s’en remettrait d’abord au Bureau d’audience publique sur l’environnement, et non aux lobbyistes, pour préparer son projet de loi qui encadrera l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste. «Les gens du BAPE sont intègres, souligne le ministre Arcand. Ils ont un code de déontologie. Et c'est sur eux qu'on va vraiment se fier pour les meilleures recommandations possibles dans cette industrie.»

L’opposition sceptique

Du côté de l’Action démocratique du Québec, on n’est pas très convaincu. «Tout ce qui touche au gouvernement se salit à l'heure actuelle dans l'état de crise et le manque de confiance généralisé que les Québécois ont envers le gouvernement», lance la leader parlementaire adéquiste, Sylvie Roy.

Pour sa part, Québec solidaire doute de la nécessité de recourir à l’exploration et à l’exploitation massive du gaz de schiste.

Selon le parti, le Québec devrait aller plus loin dans la diminution de ses émissions de gaz à effet de serre.

«Il n'y a pas l'ombre d'une démonstration, à l'heure actuelle, de la nécessité de recourir à cette énergie non renouvelable et polluante pour assurer le bien-être et la prospérité des Québécoises et Québécois. Le gouvernement Charest agit dans la précipitation la plus folle et cela fait craindre, une fois de plus, une collusion malsaine entre des élus et les milieux d'affaires à la recherche de profits rapides», selon Françoise David, présidente et porte-parole de Québec solidaire.

Au Québec, l'industrie des gaz de schiste procède actuellement à l’exploration de sept puits, mais il n'y a pas encore d'exploitation. Le mandat du BAPE consiste à donner un cadre de développement de cette nouvelle filière énergétique.

Le Parti québécois, tout comme Québec solidaire, estime que le gouvernement ne va pas assez loin. L’opposition officielle demande au gouvernement d’imposer un moratoire dans ce dossier et de lancer une commission parlementaire itinérante en plus des audiences du BAPE.

De son côté, les entreprises gazières impliquées ont commencé à tenir des assemblées publiques pour rassurer les citoyens de la vallée du Saint-Laurent qui s’inquiètent des conséquences de cette industrie sur leur qualité de vie et l’environnement.

(TVA Nouvelles avec l’Agence QMI)


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