D'autres émeutiers recherchés grâce à la technologie

G20 - D'autres émeutiers recherchés grâce à la technologie

Les photos et vidéos du Black Bloc sont si nettes que 70% des accusés passent aux aveux, selon le policier.© Agence QMI


Chris Doucette et Ian Robertson

TORONTO – Incapable après deux mois d'enquête de retrouver tous les émeutiers du G20, la police de Toronto a maintenant recours à un logiciel de reconnaissance faciale dernier cri pour tenter de les épingler.

Celui-ci passe au peigne fin 28 000 images, ont révélé dimanche les enquêteurs de l'unité d'enquête du G20.

Les images proviennent de caméras en circuit fermé installées dans le centre-ville, 12 mètres au-dessus du sol, mais aussi des photographies prises par des particuliers et par des policiers habillés en civil. De plus, 500 à 600 vidéos ont été remises aux enquêteurs.

Tout ce matériel est maintenant entre les mains d’un spécialiste en reconnaissance faciale de l’Association des banquiers canadiens, selon le sergent-détective Gary Giroux.

La police de Toronto espère ainsi faire avancer son enquête et appréhender d’autres suspects en lien avec les manifestations qui ont mené à des actes de vandalisme, les 26 et 27 juin, dans la métropole canadienne.

Près de 80% des images proviennent du public. On tente de mettre la main au collet des suspects qui ont brûlé quatre véhicules et fracassé plusieurs vitrines commerciales.

Les policiers se sont concentrés pendant des semaines à l'identification des suspects les plus facilement reconnaissables grâce aux meilleures photos disponibles, a dit M. Giroux.

«Nous en sommes maintenant à une étape représentant tout un défi, soit celui d’identifier les membres de la foule qui sont responsables des dommages matériels les plus importants.» Plusieurs étaient masqués, ce qui complique la tâche des forces de l’ordre.

M. Giroux a indiqué qu’il n’avait «pas eu connaissance» que des policiers se faisaient passer pour des journalistes. Il a nié que la police ait utilisé des photographies prises par les suspects arrêtés, disant que «ce n’est pas le cas».

Après avoir été accusé d’entrave au travail d’un policier et de rassemblement illégal, le photographe du « National Post » Brett Gundlock a dit qu’une carte mémoire de son appareil ne lui avait pas été retournée. «J’étais en train de photographier les manifestations», a-t-il déclaré à l’Agence QMI.

Des photographes de la police vêtus de façon décontractée ont pour leur part pris quelque 5600 photographies pendant les manifestations, a ajouté M. Giroux. «Certains ont été attaqués par des militants du Black Bloc, que ce soit verbalement ou avec des bâtons pour briser les caméras», a-t-il précisé. Selon lui, les photographes de la police n’ont pas été blessés, mais plusieurs caméras ont dû être réparées.

Les services de police de Montréal et de New York, notamment, ont été mis à contribution pour retrouver des manifestants, incluant le partage d’information et la possibilité de procéder à des arrestations.

Les manifestants arrêtés ne sont pas au bout de leurs peines

Le policier vétéran à la tête de l’unité d’enquête qui traque «les manifestants les plus durs» du G20, promet que tous ceux qu’il intercepte feront face aux conséquences de leurs gestes.

«Ces accusations vont coller à 100%, a déclaré le sergent-détective Gary Giroux, de la police de Toronto. Chaque accusation a fait l’objet d’une enquête fouillée et minutieuse, et les accusés seront poursuivis sans relâche.»

Jusqu’ici, l’unité d’enquête a arrêté 20 personnes et déposé environ 60 accusations. Le sergent-détective prétend que chaque dossier est bien documenté, grâce à la quantité de photos et d’extraits vidéo qui ont été amassés comme preuve. «Je pourrais me présenter immédiatement au tribunal et démontrer la solidité de chacun», a-t-il dit.

Les protestataires du Black Bloc, qui se sont débarrassés de leurs vêtements foncés et se sont mêlés à la foule, après avoir fracassé des vitrines et allumé des feux dans le centre-ville de Toronto, sont «les pires de tous», a ajouté Gary Giroux.

Les photos et vidéos du Black Bloc sont si nettes que 70% des accusés passent aux aveux, selon le policier.

«Les gens voient nos images et disent aussitôt “Ouais, c’est bien moi”», fait-il remarquer.


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