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Éducation

Une rentrée sous le signe du déclin

Sébastien Ménard
Journal de Montréal
26/08/2010 05h01 
Éducation - Une rentrée sous le signe du déclin
Le ministère de l’Éducation estime que 980 656 élèves de la maternelle, du primaire et du secondaire reprennentle chemin des classes ce matin. 
© Agence QMI

Les profs qui recommencent à enseigner dans les écoles du Québec, cette semaine, risquent de trouver leurs classes moins bondées qu'en juin dernier. La rentrée qui s'amorce aujourd'hui sera la moins courue depuis plus de 50 ans.

Le ministère de l'Éducation prévoit que 980 656 élèves de la maternelle, du primaire et du secondaire reprendront le chemin des classes ce matin. Il s'agit d'une baisse de 13 000 jeunes par rapport à l'an dernier.

Ce sont les profs du primaire qui ressentiront le plus les effets de la décroissance démographique qui frappe le réseau scolaire depuis plus d'une décennie. Ils enseigneront à seulement 462 428 élèves, cette année, un creux auquel ils ne sont pas prêts d'assister de nouveau. Dans les écoles secondaires, cependant, les classes continueront de se vider jusqu'en 2013.

Cette baisse des effectifs scolaires n'affecte pas de manière égale les écoles publiques et privées, a révélé le Journal cet été.

Même si les deux réseaux accueillent moins de jeunes que l'an dernier, la proportion de parents qui optent pour le privé au détriment du public continue de croître.

Près de 13 % des enfants de la province prendront la route d'un collège privé, ce qui inquiète la présidente de la Fédération des commissions scolaires, Josée Bouchard. «Le financement de l'école privée nous fait mal, dit-elle. Tant que le gouvernement va l'encourager avec un financement aussi important, on va demeurer [dans une situation semblable].»

Décrochage : la priorité

Les élèves de sept commissions scolaires reprennent le chemin des classes, ce matin, dont ceux de Montréal.

Pour les directeurs d'école, la priorité sera de s'assurer que ces jeunes ne viennent pas gonfler les tristes statistiques du décrochage scolaire. À l'heure actuelle, 35 % des garçons québécois abandonnent l'école avant d'avoir obtenu la moindre qualification. «La priorité des priorités, c'est de diminuer le décrochage scolaire, lance Chantal Longpré, de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement. On a beau préparer de beaux plans, il faut aussi passer à l'action concrètement.»

Mme Longpré propose notamment de s'attaquer «à la violence à l'école, en faisant la promotion de la lutte à l'homophobie», en plus de réclamer une meilleure accessibilité aux services pour les élèves en difficulté.

Les commissions scolaires placent aussi la lutte au décrochage au sommet de leurs priorités cette année. «Le plan d'action qui a été présenté l'an dernier, c'est l'affaire de plusieurs années, insiste Josée Bouchard. On a des cibles et des moyens pour les atteindre. On va travailler fort dans ce sens-là.»

Mme Bouchard invite les employeurs à limiter à 15 le nombre d'heures de travail hebdomadaires des jeunes. «Au-delà de 15 heures, les études démontrent qu'il y a un risque plus élevé de décrocher, de basculer dans l'attrait du travail», souligne-t-elle.


Les nouveautés de l'année

* Le protecteur de l'élève

Le protecteur de l'élève fait son apparition dans les commissions scolaires. Il a pour mandat de recevoir les plaintes des parents et des élèves insatisfaits du traitement d'une plainte. Un peu comme un ombudsman, il pourra émettre des recommandations au conseil des commissaires pour régler des situations litigieuses. Les élus scolaires ne sont toutefois pas tenus de suivre ses recommandations. On s'attend à ce que la majorité des plaintes proviennent de parents d'élèves en difficulté.

* Les "conventions de partenariat"

Cette expression en jargon bureaucratique désigne un nouveau contrat que chaque commission scolaire a conclu avec le ministère de l'Éducation pour atteindre, cette année, des objectifs précis quant à la baisse du décrochage, l'amélioration de la maîtrise de la langue française et la réussite des élèves en difficulté, notamment.

Moins d'élèves par classe

* Le ratio élèves/maître est diminué de quatre élèves dans les écoles des milieux défavorisés en 3e et 4e années du primaire. Le nombre maximum d'élèves passe de 24 à 20. Cela fait partie du plan d'action du ministère de l'Éducation pour lutter contre le décrochage.


La rentrée 2010 en chiffres

* 2 726 écoles publiques

* 364 écoles privées

* 83 229 écoliers en maternelle

* 462 428 élèves au primaire

* 434 999 élèves au secondaire

* 854 151 élèves dans une école publique

* 124 587 élèves dans une école privée

* 1918 élèves dans une école gouvernementale

* 5 214 profs en maternelle

* 47 888 enseignants au primaire

* 35 861 profs au secondaire (en formation générale)





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