Plus de 70 % des Québécois en faveur de l'euthanasie et du suicide assisté

Plus de 70 % des Québécois sont en faveur de la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté, selon un sondage Léger Marketing mené pour le compte du quotidien «The Gazette».

Le Code criminel canadien condamne l’euthanasie, laquelle consiste à administrer une dose mortelle à un patient, ainsi que le suicide assisté, le fait de donner la mort à un malade qui veut mourir. Toutefois, un comité provincial va tâter le pouls de la population sur ces questions, en septembre.

L’an dernier, le Collège des médecins du Québec a dit qu’il était en faveur de l’euthanasie dans le cas d’un patient qui souhaite mourir et dont la mort est imminente ou inévitable.

À la question «Croyez-vous que la décriminalisation de l’euthanasie et du suicide assisté est la chose à faire pour aider les gens à mourir dignement?», 71 % des personnes sondées ont répondu par l’affirmative et seulement 16 % ont dit non. Treize pour cent se sont dits indécis.

Léger Marketing a réalisé le sondage en ligne pour «The Gazette» du 16 au 19 août en utilisant un panel aléatoire de répondants.

Selon Linda Couture, qui a été interrogée par le quotidien anglophone, elle qui a lancé en juin l’organisme à but non lucratif «Vivre dans la dignité», les résultats démontrent que les gens manquent d’information.

Ce groupe milite contre l’euthanasie et le suicide assisté et demande au gouvernement du Québec d’en faire plus, notamment, en matière de soins palliatifs.

Mme Couture et «Vivre dans la dignité» disent vouloir susciter une prise de conscience au sein de la population en affirmant qu’il y a une différence entre souhaiter cesser de souffrir et demander de mourir. Plus de 1000 personnes ont rallié les rangs de l’organisme depuis sa fondation au début de l’été.

«Il semble que la perception à propos des gens sous performants – qui sont considérés comme une charge pour la société parce qu’il manque de lits dans les hôpitaux – fait en sorte que nous voulons nous débarrasser d’eux au moment même où ils ont le plus besoin de nous, a déclaré Mme Couture. C’est le symptôme que le système lance la serviette en ce qui a trait aux aînés. Il s’agit de l’abus ultime.»

Les Québécois divisés

Chaque année, 45 % du budget du Québec va à la santé. Le sondage révèle que les Québécois sont divisés à propos des dépenses en soins de santé – 44 % des répondants suggèrent que le gouvernement devrait dépenser davantage pour répondre aux besoins et 40 % des gens croient que les patients devraient couvrir une partie des coûts croissants des services. Les autres, 16 %, se sont dits indécis.

Jean-Marc Léger, président de Léger Marketing, a dit que les résultats reflètent des disparités entre les générations.

«La santé est la plus importante question pour les personnes plus âgées, alors que les plus jeunes ne s’en préoccupent pas tellement, contrairement au chômage, à l’économie, au déficit et à l’éducation», a-t-il indiqué. Les Québécois sont vraiment divisés. Mais, ce qui est clair, c’est que les gens veulent une solution. Ils sont mécontents de la façon dont le système de santé est administré.»

Mme Couture, pour sa part, espère que les considérations financières ne sont pas mises en priorité devant la vie humaine.

«La société en général semble penser que parce que nous sommes dans le rouge, il s’agit d’une façon de s’en sortir. Nous ne pouvons pas faire ça. N’éliminons pas les gens, éliminons plutôt le problème. Nous avons besoin de réorganiser nos ressources pour faire en sorte que les gens ont accès à des soins palliatifs.»


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