QUÉBEC - À quelques jours du début des audiences publiques de la commission Bastarache, Gérard Deltell demeure très sceptique à l’égard des résultats de l’exercice, qui ne lui inspirent toujours pas confiance.
Selon le chef adéquiste, ce n’est rien de moins qu’une série de maladresses qui a caractérisé la Commission d’enquête publique sur le processus de nomination des juges et ce, depuis le début.
«D’abord, Jean Charest a été guidé par la colère personnelle là-dedans. Il a intenté une poursuite personnelle contre un citoyen du Québec, Marc Bellemare, et simultanément, il a mis son chapeau de premier ministre pour instituer une commission d’enquête, qui va être payée par les contribuables, pour régler son compte personnel avec son ancien ministre de la Justice», déplore-t-il.
Le fait d’avoir refusé à l’Opposition officielle un statut de participant aux audiences publiques est une autre erreur fatale aux yeux de M. Deltell, sans parler du fait que ce soit Jacques Dupuis, ministre de la Sécurité publique, qui aurait approché Michel Bastarache pour présider la commission. «Cette job revenait à la ministre de la Justice!»
Même à ce stade-ci, le député de Chauveau ne comprend toujours pas pour quelle raison Jean Charest n’a pas voulu que son ex-ministre soit entendu en commission parlementaire, ce qui n’aurait rien coûté aux Québécois. Si on avait opté pour cette voie, comme le réclamait l’ADQ, tout serait réglé à l’heure actuelle, sans qu’on ait eu besoin de dépenser 6 millions $, dit-il.
« Il faut qu’il y ait apparence de justice, qu’on ait confiance, et la confiance est brisée. On s’en va dans le mur », se désole Gérard Deltell.