SAINT-AUGUSTIN-DE-DESMAURES - Le chef adéquiste Gérard Deltell exige que la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, clarifie ses propos controversés tenus samedi, à huis clos, devant les jeunes militants libéraux.
«C'est extrêmement surprenant. Il va falloir qu'elle s'explique», s'est exclamé M. Deltell. Un militant libéral avait rendu compte des paroles de la ministre qui dénonçait la présumée «partialité» des médias québécois et qui accusait le Journal de Montréal «d'être indépendantiste sans le dire à ses lecteurs».
Ces propos ont été repris sur le fil Twitter du jeune libéral Jérémie Tremblay. Ils ont été confirmés par deux sources anonymes présentes dans la salle au moment du huis clos.
«C'est la deuxième fois en un mois qu'un membre du gouvernement s'en prend au Journal de Montréal, a souligné M. Deltell. Ce n'est pas une tendance lourde, mais la virulence est assez forte.» Début juillet, le ministre des Finances, Raymond Bachand, avait fait une sortie en règle contre le JdeM à la suite de la publication d'articles remettant en question la sincérité de l'effort gouvernemental en vue de retrouver l'équilibre budgétaire.
Appelé à commenter les propos attribués à la ministre St-Pierre, Jean Charest s'est contenté de dire qu'il n'était pas présent au huis clos. Tous les ministres que nous avons interrogés ont observé la même prudence.
«L'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours»
Valérie Rodrigue, attachée de presse de Mme St-Pierre, a de nouveau indiqué que «la ministre ne commencera pas à commenter des choses qui auraient été dites à huis clos et qui ont été rapportées sur Twitter». «Ça commence à ressembler à l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours.»
Julien Gagnon, président de la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec (CJ-PLQ), a laissé entendre que le jeune Tremblay était plutôt dépassé par les événements. «Je crois que des personnes de la Commission-Jeunesse. sont allées le voir pour lui dire ce qui se passait. Je crois qu'il était un peu surpris et choqué» par toute la médiatisation autour de ses gazouillis (tweets).
M. Gagnon a nié que des responsables de la CJ-PLQ aient demandé à l'étudiant de 20 ans d'annuler le caractère public de son fil Twitter. Il a également démenti la rumeur voulant que l'étudiant à l'Université Laval soit sanctionné par le parti.