MONTRÉAL – De nombreuses personnalités publiques ont rendu hommage dimanche au chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, premier député souverainiste élu à Ottawa en 1990, lors d'un gala qui soulignait ses vingt années passées à la Chambre des communes.
En plus d’une centaine de militants, de sa famille et des députés du Bloc Québécois, plusieurs intervenants des milieux syndical, municipal et culturel étaient réunis à la salle Jean Duceppe de la Place des arts pour saluer l’homme politique.
Pauline Marois, chef du Parti Québécois, et l’ancien premier ministre du Québec Jacques Parizeau figuraient aussi parmi les quelque 800 invités.
«Duceppe, Duceppe, Duceppe!» criait la foule lorsque le chef du BQ est monté sur la scène qui porte le nom de son célèbre père, feu le comédien Jean Duceppe.
Visiblement touché par l’hommage, il a invité tous les souverainistes de la société civile et les partis, quels qu’ils soient, à se joindre au combat de la souveraineté du Québec.
«Quand le mur de Berlin est tombé, cette heure a valu des décennies. Nous travaillons très fort et l’heure du Québec viendra aussi. Un Québec ouvert à tous et à toutes, sans violence, sans sexisme. Un Québec souverain et fier!», a-t-il déclaré à un public conquis d’avance, qui scandait: «On veut un pays, on veut un pays!».
Le Prix Gilles-Duceppe
Par ailleurs, la vice-présidente du Bloc Québécois, Vivian Barbot, a annoncé la création du Prix Gilles-Duceppe, qui récompensera l’implication des jeunes dans le milieu souverainiste.
À partir de 2011, cet honneur sera décerné annuellement par le Bloc et sera constitué de quatre bourses, soit deux de 7500 $ et deux de 2500 $. Cette récompense sera destinée autant à des étudiants qu'à de jeunes travailleurs.
20 ans
Le 13 août 1990, Gilles Duceppe défaisait le candidat libéral Denis Coderre en obtenant quelque 70 % des voix dans la circonscription de Laurier-Sainte-Marie, à Montréal. Il devenait alors le premier député souverainiste élu à Ottawa en pleine crise de l’échec de l’Accord du lac Meech.
Gilles Duceppe, qui a déjà voulu prendre la direction du Parti québécois, mène les troupes du Bloc québécois depuis 1997.
«Le meilleur représentant au Parlement»
«Jamais Québec n’a été si bien représenté au Parlement depuis que Gilles Duceppe y est», a déclaré, dimanche, l’ancien Premier ministre du Québec Jacques Parizeau lors du gala hommage organisé pour souligner les 20 ans du chef du Bloc Québécois en politique.
En marge du gala hommage de Gilles Duceppe, qui avait lieu à la Place des Arts, dimanche, des politiciens questionnés quant au travail du chef bloquiste ont évoqué certaines de ses actions, déterminantes pour le Québec, qu’il a menées au cours des dernières années.
Plusieurs membres de l’équipe Duceppe dont Nicolas Dufour, député de Repentigny et Vivian Barbot, vice-présidente du Bloc québécois, qualifient la reconnaissance de la nation québécoise comme le «meilleur coup» de Gilles Duceppe.
Rappelons qu’après que M. Duceppe ait demandé à la Chambre des communes la reconnaissance de la nation québécoise, le 23 novembre 2006, le Parlement canadien a reconnu son existence au sein d’un Canada uni, le 27 novembre 2006.
Richard Nadeau, député de Gatineau, croit quant à lui que la formation du «duo Marois et Duceppe» est en soi un grand coup.
Robert Bouchard, député de Chicoutimi-Le Fjord, souligne par ailleurs l’efficacité du travail de Duceppe, par le choix d’avoir misé sur l’intégrité comme leitmotiv du parti, lors du scandale des commandites.
Plusieurs députés qualifient M. Duceppe d’excellent «whip» pour le parti en raison notamment de sa «rigueur», son côté «fonceur» et «piquant».
«Il est percutant et cabotin», affirme pour sa part Michel Gauthier, ancien leader parlementaire du Bloc Québécois, qui se rappelle d’une réplique de Duceppe lancée à l’ancien ministre de l’Industrie, John Manley, à la Chambre en 1994. «Alors que John Manley se la jouait Shakespeare, Gilles lui avait répondu: la culture c’est comme les confitures, moins tu en as, plus tu l’étends».
À l’unanimité, les députés ont salué la qualité de l’homme et du politicien.