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Où vont vos impôts ? - L'arroseur arrosé

Le mandat du BVG est de «défendre les intérêts de la population canadienne en s'efforçant de promouvoir un gouvernement responsable, honnête et productif.»© Agence QMI

Mathieu Turbide
Journal de Montréal

Le Bureau du Vérificateur général du Canada, dont le mandat est d'enquêter sur la mauvaise utilisation des fonds publics, a lui-même payé à même les fonds publics des formations douteuses à certains de ses employés, a pu constater le Journal dans des documents obtenus grâce à la Loi d'accès à l'information.

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Le BVG a notamment autorisé, l'automne dernier, le paiement de 345 $ pour que l'un de ses employés participe à un atelier de renaissance (rebirth), qui vise «une guérison des mémoires de l'inconscient par la respiration».

Au total, au cours de l'année 2009, le Bureau du vérificateur a payé 445 816 $ à des consultants et des écoles à l'extérieur de l'appareil gouvernemental pour des formations suivies par son personnel, qui compte 650 employés.

Bien que plusieurs formations aient un certain lien avec le travail de vérificateur, d'autres ont un rapport beaucoup moins évident avec les activités du BVG.

Cours universitaires payés

Des fonctionnaires ont aussi pu suivre des cours universitaires sur des thèmes qui ont peu à voir avec le travail de vérification, la comptabilité ou même l'administration. C'est ainsi que le BVG a payé pour des cours sur la civilisation romaine, l'anthropologie, Karl Marx et le marxisme, l'eau et les droits humains ou encore l'affirmation de soi.

Les frais de scolarité payés en entier par le Bureau varient de 395 $ à plus de 1 200 $ par étudiant pour une session.

Plusieurs de ces cours font partie de formations universitaires plus longues payées en totalité par le Bureau du Vérificateur à ses employés. La plupart des cours universitaires ont été donnés à l'Université d'Ottawa.

Qui vérifie le vérificateur ?

Le Bureau du Vérificateur général du Canada est soumis à une vérification comptable chaque année par un vérificateur nommé par le Conseil du Trésor.

«Le rapport de ce vérificateur externe est soumis au Conseil du Trésor et il est ensuite déposé à la Chambre des communes. Le Bureau du vérificateur général, à l'instar des autres ministères fédéraux, doit soumettre au Parlement son budget de dépenses; le vérificateur général est appelé à commenter ce budget ainsi que les pratiques de gestion du Bureau au Comité des comptes publics», explique-t-on sur le site du Conseil du Trésor, qui chapeaute le BVG.


* Le BVG a un budget de près de 100 millions $ par année, budget qui devrait être légèrement réduit à 97,6 M$ en 2013.

* Dans son rapport de priorités pour 2010-1011, la Vérificatrice générale, Sheila Fraser, indiquait que le Bureau procéderait à un examen et à une mise à jour de son programme de perfectionnement professionnel, dont le budget passerait de 8,8 M$ en 2008-2009 à 11,6 M$ en 2010-2011.


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