MONTRÉAL - La vidéo montrant des femmes au visage caché s’embarquant à bord d’un avion d’Air Canada à l’aéroport Montréal-Trudeau continue de susciter des réactions de divers intervenants.
Questionné à ce sujet, Me Julius Grey, avocat spécialisé en droit de la personne, a affirmé en entrevue sur les ondes de LCN que, selon lui, tous les passagers devraient être soumis au même traitement lors de leur passage à l’aéroport.
«La burqa, à mon avis, ne donne aucun privilège dans la société. Je pense qu’on a le droit de la porter, c’est une question de liberté d’expression, mais ça ne donne pas de privilège d’exemption. Ce n’est pas quelque chose où il faut accommoder, contrairement au foulard, par exemple», explique Me Grey.
Le son de cloche est le même du côté de l’Association des pilotes d’Air Canada, qui y voit une raison de sécurité.
«Le règlement existe pour tous les passagers et il devrait être respecté par tous les passagers. C’est la dernière ligne de défense lorsqu’on arrive à la barrière, alors ça devrait être fait pour tout le monde [l’identification des passagers]», affirme Daniel Comeau.
L’Association blâme toutefois le gouvernement fédéral pour ce manque de sécurité et somme Ottawa d’intervenir afin de faire respecter les règles convenablement.
«Le gouvernement est responsable pour la sécurité aérienne et il délègue la responsabilité aux lignes aériennes. Ce sont nos clients, ils refusent de se dévoiler, et on n’a aucun moyen possible de les identifier proprement. On demande au gouvernement de donner les facilités nécessaires pour que nos employés puissent identifier ces gens-là. S’ils ont besoin d’être en privé, qu’on crée des endroits qui sont faits pour ça», ajoute M. Comeau.
La même chose à la frontière terrestre?
Après avoir pris connaissance de cette situation à l’aéroport Montréal-Trudeau, nous avons voulu savoir ce qui en était à la frontière terrestre entre le Canada et les États-Unis.
Il semble que les douaniers ne demandent pas systématiquement aux femmes dont le visage est caché de se dévoiler. Le premier vice-président du Syndicat douanes et accises, Jean-Pierre Fortin, prétend toutefois que les vérifications sont faites dans de nombreux cas.
«La politique est la même pour nos agents. Souvent, on va demander aux gens de se dévoiler, surtout si l’agent a un doute. Si les gens refusent au premier contrôle, à la guérite, on va accompagner la personne à l’intérieur. Ces personnes-là vont devoir se dévoiler devant une personne du même sexe, une femme, à l’abri des regards du public», explique-t-il.
Hier, le ministre fédéral des Transports, John Baird, a réagi à cette situation en affirmant que l’identité de tous les passagers devait être vérifiée avant l’embarquement et que le non-respect de cette mesure représente «une menace grave à la sécurité des voyageurs».