OTTAWA – Un groupe de travail mis sur pied par Santé Canada presse les restaurants et l’industrie de l’alimentation à réduire la quantité de sel contenu dans leurs aliments.
Créé il y a trois ans, le groupe de travail sur le sel a présenté une stratégie de réduction de la consommation de sodium en quatre volets : une réduction du sel dans les produits alimentaires transformés; l’éducation des consommateurs; la recherche et le développement de produits à moindre teneur en sel; et une méthode d’évaluation des résultats.
Le groupe, composé de médecins, de spécialistes de la santé, d’industriels de l’alimentation et de représentants gouvernementaux, propose de réduire du tiers le sel dans les aliments vendus aux consommateurs d’ici 2016.
Les Canadiens consomment plus du double de la quantité de sodium dont ils ont besoin, ce qui contribue à une incidence alarmante de haute pression sanguine, d'accidents vasculaires cérébraux et de maladies cardiaques.
Environ les trois quarts du sel consommé proviennent des aliments transformés. Le défi concerne avant tout l’industrie puisque le sel a de grandes vertus pour la conservation, la texture et le goût des aliments.
Sylvie Cloutier, la présidente du Conseil de la transformation agroalimentaire et des produits de consommation du Québec (CTAC), appuie l’objectif de réduction qu’elle qualifie d’ambitieux.
« L’industrie de la transformation alimentaire a un rôle clé à jouer dans la stratégie de diminution de la consommation de sodium par la population canadienne », affirme Mme Cloutier.
Limiter le sel implique des changements dans les méthodes de production et un remplacement par d’autres produits. Un défi de plusieurs millions de dollars pour certaines entreprises, qui devront remplacer leurs machines et choisir des substituts qui ne nuiront pas à la santé.
L’enjeu pour l’industrie est néanmoins de se plier aux demandes des consommateurs qui aspirent de plus en plus à une alimentation plus saine.
Le marché américain est en train de se diriger vers une plus faible consommation de sel, « même si les consommateurs en demandent moins que les Canadiens, qui ont le goût plus salé », croit Mme Cloutier.
« Les consommateurs canadiens devront eux aussi changer leurs habitudes alimentaires et adapter leur goût à des produits comportant moins de sel », ajoute-t-elle.
La réduction du sel et son impact économique pour l’industrie sont difficiles à calculer avec précision puisqu’il s’agit d’une démarche volontaire.