L’École de langue française de Trois-Pistoles menacée

Coupures budgétaires - L’École de langue française de Trois-Pistoles menacée

Trois-Pistoles, vue du large.© Agence QMI

TROIS-PISTOLES — À Trois-Pistoles, au Bas-Saint-Laurent, des centaines d’étudiants se rendent chaque été dans la plus ancienne institution d’immersion française au Canada, l’École de langue française de Trois-Pistoles. Malgré le succès de cette institution, des décisions gouvernementales nuisent à son développement.

Le gouvernement conservateur a gelé depuis 2007 les fonds destinés aux bourses pour l’apprentissage des langues secondes, ce qui fait craindre le pire. Environ 80% des étudiants de l’école d’immersion sont des boursiers.

De plus, la décision du gouvernement fédéral d’exiger un visa aux visiteurs mexicains a fait perdre certains clients à l’école. «On a perdu un groupe d'étudiants mexicains qui n'a pas pu venir parce qu'ils n'ont pas reçu les visas à temps», se désole le directeur de l’établissement, Maurice Vaney.

À long terme, cette mesure pourrait nuire au développement international de l’école. «On a des ententes économiques avec les États-Unis et le Mexique, mais que les gens n'aient pas le droit de circuler sans un permis spécial, c'est un peu préoccupant», reconnaît M. Vaney.

Le whip-adjoint du Bloc québécois, Mario Laframboise, est également de cet avis. «On voit que cette décision-là, c'est une décision politique qui n'a pas été réfléchie et qui nuit à l'économie», tranche-t-il.

La fierté d’une ville

La petite ville de 3500 personnes accueille cette année 250 étudiants venus parfaire leur français. Les jeunes de 17 à 24 ans proviennent principalement de l’ouest du Canada, et pour plusieurs, le français est leur troisième langue.

En plus d’apprendre le français, de nombreux étudiants participent à la vie communautaire, faisant du bénévolat pour des événements comme le festival environnemental l’Échofête.

Pour les Pistolois, l’institution fondée en 1932 est une véritable fierté. «C'est quand même assez spécial qu'une petite ville comme nous soit un centre universitaire international, se réjouit le directeur de l’établissement, Maurice Vaney. Je pense qu'il faut se battre pour garder ça.»


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